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L’ Open d’Australie réaménagé, un enjeu majeur pour Melbourne

Après la vague de chaleur qui a touché Melbourne en 2014, l’ Open d’Australie se dote cette année d’un troisième toit. La modernisation du Melbourne Park est devenue un enjeu crucial pour l’avenir de la ville.

L’Open d’Australie a trois toits couverts – CC Brad Touesnard

Vous vous en souvenez. En 2014, une véritable canicule s’était abattue sur l’ Open d’Australie, le plus gros évènement sportif du continent. Le tournoi avait dû modifier sa programmation et reporter certains matches pour la fin d’après-midi. Le 14 janvier, au tournoi de Hobart, la session de jour a été annulée. A quelques heures du début de l’ Open d’Australie, doit-on s’inquiéter ?

Début janvier, le tournoi a accueilli le Premier Ministre de l’Etat du Victoria, Daniel Andrews, pour un évènement particulier. Au Melbourne Park, complexe sportif où se déroule l’ Open d’Australie depuis 1998, on inaugurait la Margaret Court Arena. Cette année, le troisième court de l’Open d’Australie s’agrandit : il n’accueillera non plus 6000, mais 7500 spectateurs. Mais en vérité, si le plus haut représentant de l’Etat qui gère Melbourne a fait le déplacement, c’est pour une autre raison.

« Plus de retards, ni d’annulations »

En regardant les matches, dans le stade ou devant leur télévision, les passionnés remarqueront un autre « gros » changement sur la Margaret Court Arena. Le toit rétractable est désormais opérationnel. Il s’ouvre et se referme en moins de cinq minutes, assure le tournoi. « Le plus rapide du monde, se réjouit Daniel Andrews. Plus de chaleur, plus de pluie, plus de retards ni d’annulations. L’Open d’Australie est désormais officiellement résistant au mauvais temps ».

Un toit sur la Rod Laver Arena, un sur la Hisense Arena et un dernier sur la Margaret Court Arena…c’est fait, l’Open d’Australie est paré. Désormais, il est le seul des quatre tournois du Grand Chelem à posséder trois courts couverts. Trois toits, cela veut dire qu’en cas d’intempéries ou de fortes chaleurs, tous les matches pourront se jouer en intérieur, quitte à fâcher les puristes. « Dans la plupart des stades, vous devez arrêter de jouer pour fermer le toit. Ce n’est pas le cas ici », se vante Craig Tiley, président de Tennis Australia.

L'Open d'Australie sous la pluie en 2010 - CC Duremi

L’Open d’Australie sous la pluie en 2010 – CC Duremi

2014 a vacciné les Australiens. L’an passé, Melbourne a connu sa plus forte vague de chaleur depuis un siècle, avec des températures dépassant les 40 degrés Celsius. L’organisation avait suspendu certains matches sur les courts non-couverts. Le deuxième jour, on atteint les 43,4 degrés. « J’ai cru que j’allais m’évanouir, racontait Maria Sharapova. Le Canadien Frank Dancevic, lui, était bien tombé dans les pommes. « J’étais dans les vappes depuis le milieu du premier set. Puis, j’ai vu Snoopy devant mes yeux, et là je me suis dit que c’était bizarre. » Vital.

366 millions de dollars débloqués

1500 places de plus et un toit, ça a un prix. 366 millions de dollars australiens (268 millions d’euros, NDLR) ont été débloqués pour la première étape de réaménagement du Melbourne Park. Hormis la rénovation de la Margaret Court Arena, on a prévu d’améliorer la connexion entre les trois arènes et l’aménagement du pourtour de la Rod Laver Arena. Mais si l’Etat du Victoria met la main à la poche, c’est que le retour sur investissement est assuré. « Chaque année, 1440 emplois sont crées dans le cadre du tournoi », justifie Daniel Andrews. Les évènements majeurs de ce type rapportent 1.8 milliards de dollars australiens à l’Etat du Victoria. » L’Open d’Australie attend 700 000 spectateurs cette année au Melbourne Park.

La Rod Laver Arena en 2013 - CC Steve Collis

La Rod Laver Arena est le court principal du tournoi – CC Steve Collis

En dehors de l’Open d’Australie, le complexe accueille des évènements de grande ampleur, comme des compétitions sportives ou des concerts. La deuxième phase de rénovation débute cette année et va coûter 338 millions de dollars australiens (232 millions d’euros, ndlr). Suite à cette phase, la Fédération australienne et les médias bénéficieront de nouvelles structures et la Rod Laver Arena, court principal du tournoi, fera peau neuve. L’objectif est clair : faire que les plus gros évènements australiens continuent d’avoir lieu à Melbourne. Ce mois-ci, la Coupe d’Asie des nations posera ses quartiers dans plusieurs villes australiennes, dont Melbourne. C’est la première fois que la compétition se déroule dans un pays non-asiatique.

Mais le gouvernement de l’Etat du Victoria voit bien plus loin. La ville miserait sur une candidature pour les Jeux Olympiques de 2028, soit 28 ans après Sydney. « Nous avons certains des meilleurs complexes sportifs au monde et notre réputation est inégalée en ce qui concerne l’accueil de grands événements », assurait en août dernier le prédécesseur de Daniel Andrews, Denis Napthine. La dernière fois que Melbourne a accueilli les Jeux Olympiques, c’était en 1956. A l’époque, c’était une première, dans l’hémisphère Sud.