728 x 90

Djokovic, Nadal…doit-on autoriser le coaching sur court ?

Suite à une interview de Boris Becker en marge de Wimbledon, Novak Djokovic a été « accusé » de communiquer avec son coach pendant les matches, une pratique encore interdite par le règlement.

Djokovic à l'entraînement à Roland-Garros en 2014 (Assia Hamdi)

Djokovic à l’entraînement à Roland-Garros en 2014 (photo : Assia Hamdi)

A Wimbledon, le tenant du titre Novak Djokovic s’est agacé, lundi, après son premier tour contre Philipp Kohlschreiber, lorsqu’un journaliste lui a posé des questions sur le coaching sur le court dont il bénéficierait pendant ses matches.

Le règlement interdit aux entraîneurs de donner des instructions à leurs joueurs pendant les rencontres, mais Boris Becker, l’entraîneur du numéro un mondial, a expliqué que Novak Djokovic et son staff avaient « leur façon » de donner une appréciation positive ou négative pendant la rencontre.

« Je ne pense pas que l’on triche, s’est défendu le Serbe. Je ne crois pas que l’on puisse appeler cela comme ça. Je pense qu’avec toutes les caméras pointées sur lui (Boris Becker, ndlr) et sur mon box, vous auriez déjà remarqué s’il me conseillait un slice, un coup droit ou un revers. »

Pourtant, les règles sont claires : « les joueurs ne doivent pas recevoir de coaching durant leur match (échauffement inclus). Les communications de tout type, audibles ou visibles, entre un joueur et un coach, peuvent être interprétées comme du coaching ». Il y a bien des tournois ou le coaching tennistique est autorisé : la Coupe Davis et le circuit féminin WTA, mis à part les tournois du Grand Chelem.

Selon Novak Djokovic, pourtant, la pratique existe dans les autres compétitions « et pas uniquement avec les meilleurs joueurs du monde ». Dans une tribune, l’entraîneur Nick Bollettieri a estimé que ce « ramdam » n’avait pas lieu d’être. Celui qui s’est longtemps occupé d’Andre Agassi a admis avoir déjà donné des consignes à ses joueurs pendant leurs matches en utilisant un système de gestes :

Il y a quelques années, j’avais une joueuse dans mon académie, prénommée Lisa Bonder. Elle était douée, elle avait même atteint le top 10. Un jour, elle participait à un gros tournoi. Je lui ai donné un pense-bête sur lequel était inscrit que si je me touchais le nez, elle devait faire une chose. Que si je retirais les lunettes de soleil, elle devait en faire une autre. Même chose si je me frottais les yeux, etc. Les conseils pouvaient être ‘joue sur son coup droit’ ou ‘monte plus au filet’. »

Avec la gouaille qu’on lui connaît, le coach regrette que beaucoup de sports bénéficient du coaching, mais pas le tennis. « Le golfeur a son caddie, le boxeur a son entraîneur non loin, les coachs de foot crient depuis les lignes de touche. Mais pas le droit au tennis. Bon dieu, selon les règles, tu ne peux même pas crier ‘Bon sang, mets-le, ce foutu premier service !’ parce que ‘les communications de tout type peuvent être interprétées comme du coaching’. »

En 2010, à Wimbledon, Rafael Nadal avait reçu un avertissement. Le numéro un mondial de l’époque et tenant du titre avait été accusé d’avoir été coaché par son oncle et entraîneur, Toni, depuis son box, durant son match en cinq sets contre l’Allemand Philipp Petzschner. Quelques semaines avant, à Rome, Roger Federer accusait Rafael Nadal d’avoir été conseillé par son entraîneur pendant leur finale. « Encore une fois, il le coachait un peu trop. Je l’ai pris sur le fait. Je lui ai déjà dit plusieurs fois, pendant le match à Monte-Carlo, mais j’ai l’impression qu’on ne le surveille pas assez. » Le Suisse ne s’en cache pas, il a toujours été un opposant du coaching sur le court. L’année dernière, depuis Doha, il exprimait encore son désaccord :

« Je ne pense pas qu’autoriser le coaching sur le court soit juste car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir un coach. Ce n’est juste pas équitable. Ce ne serait pas beau à voir, vous savez. Je pense que cela donnerait au tennis un aspect amateur. Je pense que le tennis doit rester l’un des seuls sports où l’on ne doit pas être coaché pendant la rencontre. »

En attendant, comme le rappelle Novak Djokovic, « c’est à l’arbitre ou au superviseur » de décider si quelqu’un enfreint les règles sur ce sujet. Mais si le comportement de Becker et Djokovic avait été jugé contraire au règlement, ils auraient d’abord reçu un avertissement, puis un point de pénalité pour une récidive, jusqu’à un jeu de pénalité, etc. Des sanctions qui sont rarement appliquées.