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Timea Bacsinszky, de la blessure à la renaissance

Une semaine après sa finale à Shenzhen, Timea Bacsinszky bat Jelena Jankovic, tête de série n°15 pour son entrée en lice à l’Open d’Australie. Longtemps blessée, la Suissesse de 25 ans vit en ce début d’année les plus beaux moments de sa carrière.

Timea Bacsinszky - CC TatianaCe mardi, sur le court 13, le visage de Timea Bacsinszky s’illumine. En une heure et demie, elle a battu Jelena Jankovic, tête de série numéro 15 (6-1 6-4). Il y a une semaine encore, Timea Bacsinszky fut prise de court par la troisième mondiale Simona Halep à Shenzhen (6-2 6-2). Malgré les apparences, cette défaite fut une victoire. « Il y a un an et demi, je n’avais plus aucun repère et je ne savais pas si j’allais rejouer au tennis ».

Timea Bacsinszky avait oublié ce que procure une participation à une finale. Sa dernière remonte à cinq ans, lorsque le titre lui avait échappé à Bad Gastein, face à l’Allemande Julia Goerges. Cette année-là, la Suissesse atteint le meilleur classement de sa carrière jusqu’à ce jour, 37e mondiale. Puis, le ciel s’est assombri. La native de Lausanne cesse le tennis en avril 2011, suite à une blessure au pied gauche. Après onze mois sans taper la balle et trois opérations, Timea se demande si elle est toujours faite pour son sport.

Pourtant, le talent a toujours été présent chez Bacsinszky. En 2002, ado, elle décroche le fameux tournoi des Petits As. Puis, Timea récidive un an plus tard, performance qu’une seule Suissesse avait réussi avant elle. « Les gens attendaient de moi que je fasse une carrière à la Martina Hingis, mais il n’y a qu’une Martina Hingis » racontait-elle au Temps en 2009, l’année de son son premier trophée à Luxembourg. Là repose peut-être le coeur du problème. Lors de cette période au chaud, elle s’entoure d’une psychologue parce que c’est « le bon moment ». Timea Bacsinszky réalise ce qui l’a longtemps poussée à jouer au tennis. « Mon père était mon entraîneur lorsque j’étais enfant, se souvient-elle, interrogée par le New York Times en mai dernier. Je n’avais pas le choix. Il voulait vivre son rêve à travers moi et pas de chance pour moi, je jouais très bien. » Jouer, c’était une façon de brandir le drapeau blanc entre ses parents. « Je savais que si je perdais, mes parents se disputeraient. […] Je me donnais à fond sur le court, pour que les choses se passent bien. » Depuis, le papa et la maman ont divorcé.

En 2013, Timea Bacsinszky semble s’être déjà séparée du tennis. Au mois de mai, la jeune femme suit un stage en hôtellerie à Villars, dans le canton de Vaud, en vue d’intégrer la prestigieuse Ecole hôtelière de Genève. Elle qui rêve d’avoir un restaurant  depuis « qu’ [elle est] petite » laisse tomber les casseroles dès qu’elle reçoit un mail de Roland-Garros. On lui donne le droit de jouer les qualifs du tournoi, Timea ne réfléchit pas, elle embarque dans sa bagnole et trace, direction Paris. Cinq heures de route, défaite au premier tour des qualifs, mais Timea s’en fiche. L’amour du tennis a repris le dessus. « J’ai eu une balle de set contre une joueuse classée 100 rangs au-dessus de moi alors que cela faisait six mois que je lavais des assiettes et que je faisais des tartes Tatin ! » Timea contacte un compatriote, Dimitri Zavialoff, qui a fait de Stan Wawrinka l’un des 10 meilleurs tennismen de la planète. L’homme est le premier à qui elle confesse son voeu de revenir sur les courts. « J’entretiens avec lui une belle relation d’amitié depuis longtemps. Il m’a toujours soutenue, même quand j’étais blessée. »

Il y a un an, à Paris, lors de la conférence de presse de Fed Cup face à la France, Timea Bacsinszky vient de remporter le tournoi ITF d’Andrézieux-Bouthéon. Face aux médias, elle tient même à ce que ce soit dit. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que quatre mois plus tard, après son deuxième tour à Roland, elle retrouvera le top 100 mondial, pour la première fois depuis sa blessure au pied gauche. « Aujourd’hui, les douleurs de mon enfance ne me font plus souffrir sur le terrain. Je suis dans une relation stable et je bosse dur à l’entraînement », assurait-elle au média suisse 24 heures, en mai dernier. Ce qu’elle ne sait pas encore non plus, c’est qu’en octobre, Timea Bacsinszky battra Maria Sharapova à Wuhan, en quarts (7-6 (3) 7-5). A 25 ans, pour la première fois de sa carrière, Bacsinszky termine l’année dans le top 50. Cela faisait quatre ans que la native de Lausanne n’avait pas participé à l’Open d’Australie. Une éternité. La dernière fois que la Suissesse avait atteint le deuxième tour à Melbourne, c’était en 2008.  « Mon objectif est de passer le premier tour […]. Le reste devrait suivre », espérait-elle il y a encore quelques jours. Maintenant, place au reste.

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