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Ajla Tomljanovic, née croate, néo-australienne

De parents croates, la prometteuse Ajla Tomljanovic, 63e mondiale, est australienne depuis 2014. A l’Open d’Australie, elle vivra son premier Grand Chelem devant son nouveau pays.

Ajla Tomljanovic en août 2014 - CC Steven Pisano

Ajla Tomljanovic en août 2014 – CC Steven Pisano

Ajla Tomljanovic est croate. Elle est aussi australienne. A vrai dire, tout dépend du tournoi. A Brisbane, dimanche, la joueuse de 21 ans a éliminé à la grande surprise Jelena Jankovic, ex-numéro un mondiale et tête de série numéro 6. Une victoire en deux sets, 7-6 et un 6-0 en expéditif. Australienne depuis quelques semaines, c’était sa première prestation devant ses nouveaux compatriotes. Même si sur le tableau des scores, l’abréviation « CRO », pour Croatie, était encore adossée à son nom.

Originaire de Zagreb, la jeune Ajla quitte le pays à l’âge de douze ans, avec sa famille. Les Tomljanovic débarquent en Floride. Adolescente, elle s’entraîne à Boca Raton, dans l’Académie de Chris Evert et reste aux Etats-Unis jusqu’en 2014. Son coach Dave Taylor, originaire de Sydney, lui conseille de venir s’entraîner au Queensland Tennis Centre de Brisbane. « Quand je suis arrivée, tout le monde m’a si bien accueillie, se réjouit l’ancienne numéro 4 junior. Je ne pensais vraiment pas que cela se passerait aussi bien. » Ajla Tomljanovic complète la liste des nombreux joueurs originaires de l’Europe de l’Est qui choisissent l’Australie comme deuxième pays. Citons entre autres Bernard Tomic, Jelena Dokic ou Marinko Matosevic, qui ont immigré plus jeunes.

Diminuée par une mononucléose en 2012, sa progression est stoppée. La saison d’après, la joueuse passe de la 493e à la 55e place mondiale. Tomljanovic atteint les huitièmes à Roland-Garros en 2014, après avoir sorti Francesca Schiavone, titrée en 2010 et la tête de série numéro 3 Agnieszka Radwanska. « Après ce résultat significatif en Grand Chelem, elle pourrait vraiment aller plus loin en 2015 », assure Dave Taylor, qui a aidé Samantha Stosur à décrocher l’US Open en 2011. En août dernier, elle obtient la nationalité australienne. « Je ne renierai jamais mes racines croates, tempère Ajla Tomljanovic. Je suis née là-bas, mes parents sont croates, mais une nouvelle opportunité s’offre à moi et on m’a accueilli les bras ouverts à l’Académie de tennis de Brisbane ».

Aubaine pour les joueurs comme Tomljanovic, une loi australienne facilite depuis 2009 l’obtention de la nationalité pour les athlètes d’élite. Grâce à cette loi, Anastasia Rodionova, Russe de naissance, a concouru sous les couleurs australiennes aux jeux de Vancouver en 2010. Sur le circuit WTA, néanmoins, Tomljanovic doit attendre la fin de la procédure administrative. D’après le règlement de la Women Tennis Association (WTA), un joueur doit avoir obtenu son passeport pour pouvoir se revendiquer une nationalité.

Pendant quelques temps encore, Ajla Tomljanovic restera croate dans les tournois WTA. Mais dans les tournois du Grand Chelem, gérés par la Fédé internationale de tennis (ITF), la 63e mondiale est déjà australienne. A l’US Open, en septembre dernier, pour son premier match, l’arbitre a annoncé son nom et sa nationalité. C’était la première fois qu’elle représentait le drapeau australien dans un Majeur et ce fut un moment spécial. « J’ai ri intérieurement, ça m’a fait du bien. » Dans quelques jours, à l’Open d’Australie 2015, Ajla Tomljanovic vivra son premier Grand Chelem à la maison.