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Coupe Davis : quand les conflits s’en mêlent

Du 12 au 14 septembre 2014, l’Ukraine et Israël affrontent respectivement la Belgique et l’Argentine en barrage de Coupe Davis. Mais face aux conflits politiques qui secouent l’Ukraine et Gaza, le choix du pays hôte s’avère une mission complexe.

La Coupe Davis - CC El Padawan

La Coupe Davis – CC El Padawan

En cette période estivale, l’actualité du tennis est rythmée par la tournée américaine. Côté nations, les fédérations préparent aussi activement le week-end de Coupe Davis du 12 au 14 septembre. Alors que la France, la République Tchèque, la Suisse et l’Italie joueront leur place en finale, d’autres nations s’affronteront dans le cadre des barrages. Pendant que la Belgique fera face l’Ukraine, Israël sera, de son côté, opposée à l’Argentine. Malheureusement, les conflits politiques qui secouent l’Ukraine et Gaza donnent du grain à moudre à l’ITF.

Puisque Israël avait le choix du terrain, il était convenu que les coéquipiers de Dudi Sela accueilleraient l’Argentine à Tel Aviv. Mais face au conflit militaire qui oppose actuellement Israël au Hamas, la Fédération internationale de tennis (ITF) a fait volte-face. L’instance a décidé que le match se jouerait en dehors d’Israël, sur un « terrain neutre », pour préserver la sécurité des joueurs, des officiels, mais également des spectateurs.

« Si le conflit militaire semble s’adoucir, il n’y a aucune certitude que ce sera toujours le cas au moment du week-end de Coupe Davis, dans cinq semaines. Le Comité estime que sa priorité est d’assurer la sécurité des joueurs, des officiels et du public et décide avec regret que ce week-end de Coupe Davis ne se tiendra pas en Israël, comme prévu au départ. »

Suite à ce refus, l’instance a donc demandé à Israël de trouver un terrain neutre, mais la fédération israélienne (ITA) a fait appel. Son recours rejeté, l’ITA a proposé que le week-end de Coupe Davis se tienne à Sunrise, aux Etats-Unis, dans le sud-est de la Floride. Après la visite des lieux, le Comité de la Coupe Davis a donné son feu vert. Petite consolation pour les deux équipes, la région abrite « une grande communauté argentine et juive ».

A Kiev, une « insécurité grandissante »

Concernant Ukraine – Belgique, le dénouement traîne des pieds. Alors que l’Ukraine tenait le choix du terrain pour son match contre la Belgique, l’ITF avait accepté le 7 août dernier que la rencontre se déroule à Kiev. Au vu de la crise politique, l’instance avait cependant mis un bémol.

« En raison des récents troubles politiques dans l’est de l’Ukraine, le Comité de la Coupe Davis a été chargé d’évaluer la possibilité de modifier la ville hôte de la rencontre. […] Avant de prendre une décision définitive, le Comité a également analysé le plan de sécurité présenté par la Fédération ukrainienne de tennis. Le Comité a déterminé qu’au vu de la situation actuelle, l’Ukraine pourrait accueillir la rencontre au Palais des Sports, comme il était prévu. Le Comité va continuer à surveiller la situation en Ukraine. »

Le lendemain, la Belgique avait alors fait appel en raison de « l’insécurité grandissante » et les coéquipiers de David Goffin avaient obtenu gain de cause. « La rencontre ne se jouera plus en Ukraine », avait déclaré l’ITF. La Fédération ukrainienne avait alors cinq jours pour proposer un pays neutre. Ce revirement n’est pas vraiment passé crème côté ukrainien, tandis que le pays devra probablement faire sans son meilleur joueur, Alexandr Dolgopolov, opéré du genou et forfait pour l’US Open. Sergiy Stakhovsky, numéro 2 ukrainien, broyait du noir à l’idée de perdre l’avantage du terrain. Dans un tweet, il s’en est même pris à la Fédération belge.

Quatre jours plus tard, l’équipe d’Ukraine a proposé à l’ITF que le week-end de Coupe Davis se joue à Rzeszow, en Pologne. Mais selon le 94e mondial, la proposition a été rejetée.

De son côté, la Fédération internationale tente tant bien que mal de montrer sa bonne volonté en soignant sa communication par la voix de son président, Francesco Ricci Bitti.

« La décision de retirer le choix du terrain est toujours difficile à prendre. La compétition a été fondée dans un but de rapprochement et d’entente entre les nations et nous pensons que le tournoi a bien suivi cet objectif depuis 114 ans. »

L’instance n’a pas encore justifié son refus de Rseszow comme ville hôte mais une issue devrait être dégotée dans les prochains jours. A moins d’un mois de la rencontre, il est urgent de trouver un terrain d’entente.