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Quand les tournois ATP 250 partent à la conquête du succès

Dans l’ombre des Masters 1000 et 500, les tournois ATP 250 s’investissent de plus en plus pour attirer les partenaires et le public. L’amateur de tennis, lui aussi, en retire un bénéfice.

Tsonga et une supportrice à l’Open 13 2017 – Crédits : Yohan Brandt

10 mois, 40 tournois, 24 pays visités…voici le calendrier 2017 des tournois ATP 250. Ces tournois sont nombreux mais ont parfois tendance à perdre en importance aux yeux de certains. Joueurs, partenaires et spectateurs ont pourtant tout intérêt à ce que les ATP 250 continuent d’exister. Pour en discuter, Lignes de fond a interrogé trois interlocuteurs : la responsable du département commercial de Tunnel Prado Carénage, partenaire de l’Open 13, le rédacteur en chef de beIN Sports, diffuseur du tournoi marseillais, et une amatrice de tennis, spectatrice de l’Open 13 2017.

Des partenaires satisfaits

Le sport est un business. Pas de sport sans argent, pas d’argent sans sponsors, et les tournois de tennis ne font pas exception. L’Open 13, à titre d’exemple, compte plus d’une trentaine de partenaires. Parmi ceux-ci on retrouve les sponsors « traditionnels » du tennis, comme BNP Paribas, Emirates ou Peugeot, mais pas que. Pour des marques locales, ces événements sportifs sont une occasion en or d’être mises en valeur sur une scène internationale. Depuis plus de 20 ans, la société Tunnel Prado Carénage – société qui gère le Tunnel Prado – fait partie des nombreux partenaires du tournoi marseillais. Responsable du département commercial, marketing et communication, Emilie Saby juge que « l’Open 13 n’est pas qu’un événement lié au tennis » mais que le tournoi est « un événement incontournable de relations publiques ». En faisant gagner des invitations à leurs meilleurs clients abonnés, la société tire bénéfice de la notoriété du tournoi.

Richard Gasquet à l’Open 13 2017 – Crédits : Yohan Brandt

Tunnel Prado Carénage n’est pas une exception. En parcourant la liste des partenaires du tournoi, on s’aperçoit de la grande représentation de marques régionales. Les tournois ATP 250 sont en effet une belle vitrine pour présenter la culture française, nos régions et nos produits. « Nous souhaitons faire quelque chose d’exceptionnel autour du chalet dans le parc avec des animations, décrit ainsi Thierry Ascione, directeur du tournoi de Lyon, tournoi remplaçant l’ATP 250 de Nice. Pour l’équipe du tournoi, l’objectif est de mettre en valeur la région et ses activités. C’est important pour la vie du tournoi ». Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez juge que le tournoi de Lyon doit être « une vitrine du dynamisme économique de la Région ». Pour lui, le tournoi permettra de développer la pratique du tennis dans la région.

Des diffuseurs prêts à combler leur audience

La bataille pour la diffusion des matchs de tennis fait rage. Eurosport et France Tv se font la guerre pour les droits de diffusion de Roland-Garros. Mais qu’en est-il des tournois ATP 250 ?  La chaîne beIN Sports a frappé fort en achetant les droits exclusifs de 15 tournois (dont l’Open 13 et le tournoi de Lyon). La chaîne diffuse aussi l’ensemble des ATP 500 et des Masters 1000 (hors Bercy et Monte-Carlo), Wimbledon, la Coupe Davis et la Fed Cup. Florent Houzot, rédacteur en chef de beIN Sports, nous indiquait que « le tennis représente l’un des trois piliers de l’offre de la chaîne (avec le football et le handball). » Pour ces trois sports, la chaîne a le même objectif : proposer une offre la plus complète possible afin de satisfaire le téléspectateur. Pour beIN Sports, diffuser des ATP 250 est donc tout naturel et la question de rentabilité ne se pose pas. De plus, la diffusion des ATP 500, des Masters 1000 et de Wimbledon est supervisée par l’ATP. Mais la plupart des droits des ATP 250 sont gérés par les organisateurs eux-mêmes. L’organisateur veut assurer une bonne visibilité à son tournoi. Il vendra donc plus facilement les droits de diffusion à une chaîne qui programme déjà du tennis. Ce qui est le cas de beIN Sports. Le tournoi s’assure ainsi une bonne publicité et une connaissance du milieu. En diffusant de nombreux tournois de tennis, beIN Sports permet à ses téléspectateurs de suivre la grande majorité des tournois ATP, et notamment les matchs des joueurs français.

Des joueurs motivés

L’intérêt des joueurs pour les ATP 250 diminue à mesure qu’ils grimpent au classement. Faire venir un top 10 coûte cher. Et quand celui-ci déclare forfait à la dernière minute, ça fait mal. « Dans les tournois ATP 250, la moyenne est de cinq ou six retraits…c’est comme ça, expliquait Jean-François Caujolle directeur de l’Open 13. Quand c’est ‘une pipe’, ce n’est pas gênant. Quand ce sont des têtes d’affiche, ça devient plus embêtant ». L’intérêt pour les tournois ATP 250 n’est peut-être donc pas d’essayer d’attirer les top joueurs. Certains cependant ont besoin de ces tournois pour gagner en confiance. C’est le cas de Dominic Thiem : « Je suis le genre de joueur qui a besoin de jouer beaucoup de matchs et qui a également besoin de jouer de petits tournois pour gagner en confiance avant les gros événements ». En 2016, l’Autrichien a ainsi joué 121 matchs. Une stratégie qu’il a jugée payante lors de sa qualification pour le Masters de Londres. « Si j’avais moins joué, je ne serais pas ici ».

Les tournois ATP 250 sont avant tout une opportunité pour les jeunes joueurs de se confronter aux meilleurs. Pour l’Open 13 2017, deux wild cards sur trois ont été attribuées à des joueurs de moins de 20 ans, Shapovalov et Stefanos Tsitsipas. « Les jeunes sont aussi notre marque de fabrique ». Jean-François Caujolle a en effet comme objectif d’accompagner financièrement les jeunes joueurs. C’est ainsi qu’il a appuyé des joueurs comme Alexander Zverev ou Hyeon Chung. Et parfois, ces paris se révèlent payants. Le 1er tournoi remporté par Novak Djokovic ? Le Moselle Open. Ces tournois restent gravés dans le cœur des joueurs. « L’Open 13 restera toujours dans mon cœur, car c’est ici que j’ai remporté mon premier titre ATP » avouait Nick Kyrgios.

Nick Kyrgios à l’Open 13 2017 – Crédits – Yohan Brandt

Les ATP 250, c’est aussi la possibilité de jouer devant son public. Les Masters 1000 et des tournois du Grand Chelem ne se disputent que dans neuf pays. A leur différence, les ATP 250, eux, permettent de visiter des pays et des villes très diverses. Sept joueurs français étaient annoncés dans l’entry list de l’Open 13. De quoi attirer le public mais aussi augmenter le nombre de titres des français. Monfils, Gasquet et Tsonga ont remporté la majorité de leurs trophées en France. Jouer « à la maison » peut transcender. « Avoir le public avec moi m’a toujours aidé, expliquait Monfils à ce sujet. J’ai toujours beaucoup mieux joué ainsi ». Mieux vaudrait pour le tennis français que les ATP 250 français ne disparaissent pas.

Un public heureux

Lorsque l’on habite en province, il n’est pas toujours évident de se rendre à Roland Garros ou à Bercy. Grâce aux tournois ATP 250, le tennis se rapproche de son public. Montpellier, Marseille, Lyon et Metz : la France compte quatre tournois de cette catégorie. Les passionnés de tennis s’y retrouvent donc. Quant aux lecteurs de Lignes de fond originaires du Nord et de l’Ouest… nos pensées sont avec vous.

Comme les tournois ATP 250 sont à taille humaine, le spectateur se sent plus proche des joueurs. « Journée grandiose comme d’habitude, rapportait ainsi un visiteur sur la page Facebook du tournoi. On voit des supers matchs. On croise les joueurs dans les allées. Et on découvre sur le n°1 les stars de demain. » Pour quel coût ? Un billet adulte de catégorie 2 pour l’Open 13 vaut au minimum 16€. S’il veut assister à la finale, il lui faudra dépenser 34€ (catégorie 2) ou 48€ (catégorie 1). Etudiante, Léa s’est rendue cette année au tournoi. Avec un budget « entre 20 et 40 euros », elle a pu profiter des offres de tarifs réduits pour les étudiants. « Ce que j’apprécie le plus à l’Open 13 ? Les tarifs et les beaux tableaux. »

Harmony
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