728 x 90

Le jour où on a défié Marion Bartoli sur terre battue

BILLET – En marge de Roland Garros, nous avons rencontré Marion Bartoli à deux pas de la Tour Eiffel. Avec raquette et ironie, ça fait quoi de jouer avec une ancienne lauréate de Wimbledon ?

Bartoli Tour Eiffel 1

Déjà 45 minutes de retard, Miss Bartoli. Alors, sous le chapiteau cheap installé sur le champ de Mars, je tue le temps en m’empiffrant de croissants au beurre AVEC gluten, en discutant avec les autres blogueurs invités par Emirates, le sponsor à l’origine de l’opération marketing… Puis, enfin, la native du Puy-en-Velay arrive. Pressée, sac de tennis sur l’épaule gauche et l’oreille droite rivée à son smartphone doré.

Dès sa conversation téléphonique terminée, la voilà accostée par une quadra apprêtée : rapidement, les deux femmes parlent business en anglais et je finis par me demander si je vais VRAIMENT pouvoir tenter un passing long de ligne face à l’ancienne gagnante de Wimbledon… Quand certains remportent Roland Garros, d’autres, comme moi, veulent gagner un petit point sur un malentendu ou un coup boisé chanceux…

Bref. Heureusement, après une dizaine de minutes, Miss B se libère et nous est présentée par les attachés de presse en charge de la rencontre. Troquant son ton formel pour un sourire franc et chaleureux, la championne nous serre la main et propose d’aller “taper la balle” une fois qu’elle aura revêtu sa tenue de sport, son collier et bu un petit café énergisant… Sa petite mine trahit un quotidien chargé, elle qui tente notamment de lancer sa propre marque de vêtements.

Une fois sur le court, je déchante, un peu. Au lieu des deux heures prévues dont 20 minutes de jeu en individuel face à Bartoli, la championne nous consacre finalement une bonne heure, à partager équitablement avec les quatre blogueurs.

Bartoli Tour Eiffel 2 - Pierre Laurent

“T’as un bon coup droit”

Plutôt que de se livrer à des calculs d’apothicaire, décision est prise de jouer en double à cinq pour “plus de convivialité”. Sur le moment, la frustration prend le dessus mais c’est une erreur. Très vite, dans ce décor parisien de rêve (qui ne prendrait pas de plaisir à jouer sur terre, en plein Roland, juste devant la Tour Eiffel ?) les échanges sont longs et sympathiques. Me conseillant sur la manière de me déplacer sur terre battue, Bartoli s’arrache pour “ramener” dans le court mes mines de coup droit, qui, moment de fierté, me valent ses compliments.

Mise en scène à part, avec mes deux compères, on s’amuse à tester la championne, qui contre habilement nos coups les plus travaillés, de contre-amortis sournois en volées tranchantes dignes de sa victoire à Wimbledon en 2013. Puis c’est mon tour de faire équipe avec l’ancienne top 10 : nos deux adversaires d’un bon niveau régional sont réguliers et frappent fort mais Marion et moi répliquons avec maîtrise. Enfin, surtout elle.

Lancer sa marque de vêtements, un défi moins « rude » que Wimbledon

Même si mon slice de revers et une demi-volée réussie de revers me vaut un “champion du monde mon pote” à la fois chaleureux et gentiment ironique de sa part… Tapant dans ma main à chaque point remporté comme si j’étais vraiment son partenaire de jeu, Marion Bartoli semble vraiment s’amuser à relancer la balle contre des blogueurs. Mais comme le (bon) temps passe toujours trop vite, l’heure et quart de fun s’achève comme si elle venait de débuter, autour d’un jus de fruit : c’est l’occasion idéale pour parler tennis, reconversion et pronostics concernant Roland Garros…

Bartoli Tour Eiffel 3 - Café

Entre deux éléments de langage sur son partenariat avec Emirates, Miss B glisse qu’elle peine à lancer sa marque de vêtements, ce qui la surprend, “elle qui a connu des défis plus rudes sur le court à Wimbledon”.

Hélas, le protocole reprend vite ses droits. Très (trop ?) présent sur place avec ses panneaux publicitaires, son photographe attitré et ses hôtesses de l’air en tenue d’apparat, le sponsor Emirates rappelle gentiment à la championne qu’elle doit repartir pour représenter la marque dans le cadre d’une animation située un peu plus loin sur l’esplanade…

Les parenthèses enchantées ne restent que des parenthèses.

1 commentaire