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On a testé une journée à Roland-Garros pour 30 euros

Une place pour le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros, c’est cher. Pourtant, si vous voulez assister au tournoi, il est possible de passer la journée sur sur les courts annexes pour 30 euros. Mais est-ce que cela vaut le coup ? On a fait le test.

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Ce lundi matin-là, il pleut à torrent. Aux abords de Roland-Garros, les spectateurs tentent d’entrer dans le stade. Mon amie Judith pratique le tennis depuis 13 ans. Aujourd’hui, elle me rejoint pour profiter de notre première vraie journée de matchs. La veille, il n’y en avait presque pas eu. Pour 30 euros, ce lundi, on aura le droit de passer la journée sur les courts annexes et de se balader dans le stade. Certes, pas d’accès au Chatrier ou au Lenglen. Certes, peu de chances d’y voir Nadal, Djokovic, Murray ou Wawrinka. Mais Roland-Garros le promet aux spectateurs, même sur les courts annexes, il paraît qu’on en a pour notre argent. Alors, vrai ou faux ? C’est le moment de le vérifier.

« C’est difficile de choisir un court »

Pour bien commencer la journée, Judith et moi nous rendons sur le court n°3. Après avoir enfin trouvé la bonne entrée pour la tribune où se trouvait mon amie, je m’assois tranquillement pour regarder le match entre le Bulgare Grigor Dimitrov (n°36) et le Serbe Viktor Troicki. (n°24). « Il y a un beau programme sur les annexes. C’est difficile de choisir !, explique Judith, Une copine m’a conseillé d’aller voir Dimitrov car il avait un peu le même jeu que Federer. Je me suis dit pourquoi pas ? » Joli jeu, belles amorties rétros, de bons points entre ces deux cogneurs. « Il est trop beau ! », lâche Judith à propos du tennisman bulgare, en le mitraillant de photos.

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« Je comprends pourquoi Maria Sharapova l’a choisi, plaisante cette fan de la joueuse Russe, Dommage qu’ils ne soient plus ensemble, on aurait pu l’avoir dans les tribunes. » Contrôlée positive au meldonium, la tenniswoman a été suspendue de façon provisoire en mars dernier pour dopage. Ce n’est hélas pas Maria qui regarde Grigor mais Nicole Scherzinger, ex-chanteuse des Pussycat Dolls, actuelle compagne du jeune homme de 25 ans. Mais ses encouragements ne suffisent pas. Grigor Dimitrov s’incline en 5 sets (2-6, 6-3, 5-7, 7-5, 6-3) face à la belle défense de Troicki, 30 ans. Trop de doubles fautes. Peu de premières balles. Et six cordages cassés. Dimitrov n’a plus franchi le premier tour du tournoi parisien depuis 2013.

Karlovic et notre coach de tennis

« C’était très accroché, j’ai bien aimé le jeu. analyse Judith à propos du match. Mais elle est déçue de l’ambiance. Les gens étaient un peu à la ramasseS’il y avait eu un Français, tout le monde aurait été derrière lui. » Nos estomacs commencent à gargouiller. On se permet une pause gourmande avant d’enchaîner sur un autre terrain annexe.

A Roland, on peut manger salé, sucré et re-sucré et re-salé si l’envie nous prend. Sandwichs, frites, salades, hots-dogs et même bonbons, chocolats et paquets de chips. Bref, impossible de mourir de faim. Mais il y a juste une petite condition : il faut avoir prévenu son banquier. Il est très difficile de trouver un encas consistant à moins de cinq euros. Heureusement, avec Judith, nous avions prévu le coup. Avant de se rendre dans l’enceinte du stade Roland-Garros, je suis passée à l’hypermarché le plus proche pour m’acheter un sandwich, un paquet de chips et un yaourt à boire. Pour moins de cinq euros, j’ai des produits de marque. À Roland, cela m’aurait coûté peut-être le triple. Il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent dans le quartier et il est interdit de sortir du stade. La nourriture, c’est l’autre bon business de Roland-Garros.

Manger sain, c’est bien, mais à force de voir des gens marcher avec des gaufres, nous avons, nous aussi, voulu en tester une au chocolat. Certes, on aurait pu acheter un paquet de gaufres industrielles à Carrefour, mais le chocolat chaud et dégoulinant, c’est quand même mieux. Pour cinq euros, nous avons donc une gaufre plutôt délicieuse. « C’est cher mais ça fait un bon goûter, elle est bonne et on a plus faim. » C’est vrai, la gaufre au chocolat cale bien plus qu’une crêpe proposée au même prix dans les stands. Mais le chocolat, cela donne soif. Judith entre dans l’épicerie pour s’acheter une boisson. Elle hésite puis fait demi-tour en voyant le prix. « Une cannette à trois eurosça fait très mal aux fesses. Mais elle finit quand même par craquer. On a pas le trop le choix…on paie le fait d’être à Roland-Garros. »

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Une fois la gaufre dévorée, nous repartons à l’exploration. Direction le court n°16, situé après le Suzanne-Lenglen. Le Croate Ivo Karlovic, tête de série n°27 affronte l’Espagnol Albert Montanes, 98e mondial. Nous prenons le match en cours. « Le fait d’avoir vu Karlovic au club, cela donne envie de le voir jouer. Il est imposant, il fait 2,08 mètres », raconte Judith. Pour la petite anecdote, l’entraineur d’Ivo Karlovic, Petar Popovic a été également professeur de tennis pour les jeunes dans notre club de tennis à Bagneux. Frank, notre actuel coach, a même offert des merguez à Ivo lors d’un barbecue dans notre club l’an dernier. L’histoire dit que la semaine suivante, il a ensuite enchaîné les victoires. Le barbecue, c’est la vie. Justement, on croise alors par hasard notre professeur, Frank, installé tranquillement dans le camp des Croates non loin de Petar, casquette jaune fluo sur la tête. « C’est marrant d’avoir croisé Frank car il met de l’ambiance dans notre cours. On a tous soutenu Karlovic, on a mis de l’ambiance tous ensemble, sourit Judith, Je suis contente de son jeu, il a fait 27 aces tu te rends compte ! ». Le géant Croate finit par s’imposer 6-2, 7-6 [7], 7-6 [5].

Faire buguer le robot du RG Lab

Une fois le match terminé, nous allons faire un petit tour au « RG Lab », un espace de divertissement dédié au tennis connecté et aux nouvelles technologies. Plusieurs animations ludiques y sont proposées. Avec un billet pour les annexes, le spectateurs a le droit de tester les activités dans le stade, même si elles ne sont pas si nombreuses. Sourires, grimaces, on se prend d’abord en photo derrière le logo orange « #RG16 » . Place ensuite à l’activité phare du RG Lab « #RGRobot, Can you beat the robot ? ». Chaque testeur a le droit à quatre essais. Le but ? Marquer le maximum de points en visant les cibles à l’aide de sa raquette et de la petite balle jaune. Judith passe la première, elle bat le robot 17 à 13. Il ne faut pas taper fort mais il vaut mieux faire des balles coupées. Ce jeu permet de travailler la précision même si ce n’est pas du vrai tennis.

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Viens ensuite mon tour. Je commence à taper quelques balles. Soudain, le système disjoncte et s’éteint. Le robot a du deviner que je voulais l’éclater. Il a eu peur de moi. Il a senti cette tension. Éclat de rires de la régie. « Bon bah, j’ai gagné ! ». Otis, l’animateur, charrie. Judith, sur le banc, se marre. Les gens qui attendent leur tour se demandent ce qu’il se passe. Après quelques minutes, la machine se rallume. Les régisseurs remettent le compteur à zéro. D’entrée, je marque dix points. Le robot rate une balle en la mettant dans le filet. Je me moque de lui. Je finis par l’emporter 27 à 7 et me place dans les meilleurs joueurs de la journée. « Can you beat the robot ? ». Yes, I beat the robot !

Les annexes, ça vaut le coup

Après cette victoire, retour vers le court n°3 qui est devenu notre QG. Kateryna Bondarenko, n°65 mondial créé la surprise en éliminant dès le 1er tour, Roberta Vinci, tête de série n°7. L’Ukrainienne s’impose très facilement face à l’Italienne : 6-1, 6-3. Puis, c’est au tour au match des Johns : l’Américain John Isner, n°17 mondial face à l’Australien John Millman, n°61 mondial. « Let’s go Isner, Let’s go ! ». Il semble que Judith a choisi son camp. « Isner est un gros serveur comme Karlovic. Il est puissant, il a un bon jeu, intéressant », analyse la supportrice. Fin de journée, avec la fatigue et ma position assise, j’ai mal aux fesses. Un coussin Roland-Garros n’aurait pas été de refus. Il fait un peu frais et Judith sort son plaid de la finale de Coupe Davis de 2014. La nuit commence à tomber et désespoir, l’arbitre stoppe le match. Le lendemain, on apprendra que le géant américain (2,08 m), habitué des matchs longs, aura gagné ce combat très serré (6-7[4], 7-6 [14-12], 7-6 [9-7], 7-5) en 3h24. Avec 40 aces s’il vous plaît ! Encore mieux que Karlovic.

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« Les 30€ valent le coup pour les annexes, résume Judith, habituée à venir au moins deux fois sur la quinzaine de Roland-Garros. « Sur les grands courts, il y a plus d’ambiance. Mais sur les annexes c’est cool, on est plus proche des joueurs. » Avec la pluie, les matches ont débuté à 13h mais nous ne sommes pas déçues. Il y a eu du jeu toute l’après-midi. « Pour moi, c’est tout de même rentable », conclut Judith. Si vous espérez voir des stars du top 10 à Roland-Garros, il ne faut pas compter sur les annexes. Mais tout amateur de tennis peut voir du jeu de haut-niveau avec souvent des joueurs du top 30 ou du top 20. Pour assister à des matches en simple et en quantité, privilégiez les premiers jours du tournoi. En deuxième semaine, pour 20 euros la journée, vous pourrez enfin voir des doubles, le fameux Trophées des Légendes, les Juniors ou encore le tennis en fauteuil, très impressionnant. Les courts annexes, Judith et moi, on valide !