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Les applis officielles de Djokovic, Nishikori ou Sharapova ont-elles un intérêt ?

Novak Djokovic, Maria Sharapova et Kei Nishikori ont leur propre application. Contenu exclusif, interface pour les fans, chat avec le joueur… ces outils accessibles depuis notre smartphone valent-ils réellement…le coût ?

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Peu de vedettes du sport mondial ont leur application iPhone ou Android personnelle. Dans le tennis, trois joueurs et joueuses du top 10 ont franchi le pas : Novak Djokovic, Kei Nishikori et Maria Sharapova. Mais ces applications apportent-elles réellement le petit plus qu’elles promettent ? Nous les avons testées pour le savoir.

Novak Djokovic, le précurseur

À tout seigneur tout honneur, le Serbe, tout juste couronné maitre en cette fin de saison, fut le premier à se lancer, avec une application sortie en 2012 et développée par PRpepper, une agence de communication…serbe. Gratuite, elle porte le poids des années. Une interface absconse et rigide accueille les fans du Djoker. Sur le Fan Pit, chacun poste un contenu en lien avec le numéro un mondial (Un exemple ? Une famille se prend en photo en sautant en l’air, sur une pelouse en écrivant : I love you!!! ) et grâce à l’onglet Nole4You, il répond même à des questions sélectionnées. Les dernières vidéos de Nole apparaissent, toutes gratuites, tout comme le reste des contenus de l’application, ce qui est à souligner, car ce n’est pas le cas des deux qui suivent.

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Maria Sharapova et Kei Nishikori, les radins

L’application dédiée à la joueuse russe a été lancée en mars 2015. « Dans le monde actuel, où les médias sociaux ont une place prépondérante, le niveau d’interaction que je propose à mes fans n’a pas de précédent », promettait alors celle qui reste la joueuse de tennis la plus suivie sur Facebook, hommes et femmes confondus, avec 15 millions d’abonnés. Un autographe en guise de menu, la grande blonde nous accueille avec un sourire mi-pincé, mi-« que faites-vous là? » qui confirmera nos craintes par la suite.  L’interface est moderne, et tous les contenus audios, vidéos, et écrits (les thoughts) sont concentrés dans la page d’accueil. Oui, mais voilà, un contenu cliquable sur deux nous renvoie à une page nous invitant à nous délester de quelques dollars superflus : 5.99 $ par mois (5.60 euros) ou 54 $ par an (environ 50 euros), pour avoir accès à quelques vidéos d’entrainement de la joueuse russe, ou aux diffusions live qu’elle propose. Ceux qui refusent de payer devront se contenter de ses vidéos gratuites, la dernière au sommet d’une montagne présentant une Maria décoiffée « It’s very windy! ».  Les scores en direct, un forum de fans, et un chat en ligne (quelquefois avec Maria, une fois descendue de sa montagne), accompagnent l’offre de l’application signée Social Channel Inc.

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L’application de Kei Nishikori, est un copier-coller de celle de Maria Sharapova, si vous remplacez l’accueil doux-amer de la Russe par un Kei Nishikori au regard déterminé, dans un clair obscur très studio Harcourt. Rien de bien étonnant à cette application sosie, celle-ci est également proposée par Social Channel Inc.

L’intérêt : une communication contrôlée

Sur le site -une coquille vide en réalité- de cette société, un diaporama présente les différentes têtes d’affiche de la firme. Surprise, entre Kei et Maria, s’intercalent Djokovic et la 16e joueuse mondiale, la Serbe Ana Ivanovic, ce qui semble indiquer que le portefeuille de l’entreprise s’étoffe. L’app gratuite de Nole a fait long feu et une nouvelle arriverait donc bientôt. L’opacité règne sur la toile concernant cette entreprise. Ses 19 abonnés Linkedin et l’absence de formulaire de contact sont les seules à retenir pour l’instant.

Les trois applications étant gratuites, la rémunération des créateurs, et des sportifs, si un contrat les lient, n’est pas dépendante des téléchargements. L’absence de publicité sur les trois apps testées ne laisse donc que l’abonnement membre VIP comme seule ressource potentielle, dans le cas de Nishikori et Sharapova. Pour le joueur, l’intérêt de telles applications est simple : une communication centralisée, mais surtout contrôlée, à l’heure des réseaux sociaux, qui peuvent s’enflammer à la moindre sortie de court. Certes, ce type d’outils permettra donc aux plus gros fans des Djokovic et consorts de bénéficier de contenu exclusif, pour quelques euros de plus. Pour l’amateur de tennis, en revanche, pas sûr que cette application apporte quelque chose. Ce que Kei Nishikori mange au petit déjeuner, avec quelle crème Maria Sharapova se badigeonne le visage ou dans quelle position dort Novak Djokovic, chacun le sait déjà grâce à Twitter, Facebook et Instagram. Pour un clic…et zéro euro.