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Federer et Nadal de retour : on a imaginé la saison de tennis 2017 idéale

Federer et Nadal et les soeurs Williams en finale à Melbourne, les numéros un mondiaux Murray et Kerber sortis par les outsiders Zverev et Vandeweghe, Djokovic éliminé par Istomin… Et si la saison de tennis 2017 était celle de l’inattendu ?

Crédits : Flickr Creative commons - Marianne Bevis

Crédits : Flickr Creative commons – Marianne Bevis

Federer qui finit la saison à 19 Grand Chelem. Nadal de retour à Melbourne et Roland Garros. Andy Murray flamboyant et excitant ; Serena Williams et son nouveau jeu en variations. Djokovic réconcilié avec le MÉCHANT GLUTEN. Benoît Paire enfin sympa. Agnieska Radwanska pleine d’esprit sportif sur le court. Voici nos voeux pour la saison de tennis 2017.

Un Gasquet enfin relâché

En Coupe Davis comme sur le circuit ATP, Richard Gasquet n’est pas un modèle de relâchement et de “zénitude”. Souvent nerveux en interview, il est un spécialiste du “ça va être très difficile” quand on lui demande ce qu’il passe de son futur adversaire… Même quand ce dernier lui est largement inférieur sur le papier.

Flickr CC - Roman Boed

Gasquet tendu, en plein effort – Flickr CC – Roman Boed

Or, à bientôt 31 ans -il les aura le 18 juin-, le Biterrois n’a plus beaucoup de temps devant lui pour gagner un Grand Chelem, lui qui a buté à trois reprises sur l’écueil des demi-finales à Wimbledon (2007, 2015) et à l’US Open (2013). Bref, en des termes moins diplomates : achète-toi un “body langage”, Richard. Et avance dans ton coup droit au lieu de te tendre et de partir vers l’arrière !

Des Djokovic et Murray enfin offensifs

Rien de tel que le résumé de la finale 2015 du BNP Paribas Masters pour comprendre ce qui a mené Djokovic puis Murray à la tête du tennis mondial : leur régularité et leur endurance physique. Si ces qualités font d’eux d’incontestables champions, leur esprit calculateur nuit trop souvent au spectaculaire. Coups de neutralisation à gogo, lifts prononcés dans le contre-pied, slice pour casser les pattes adverses, défenses quasi imbattables…

Certes, leur arsenal est impressionnant sur les surfaces lentes ou semi-lentes. Mais il ravit rarement les fans de tennis offensif, sinon varié. Allez, messieurs, je vous le dis franchement. Maintenant que vous venez de perdre à Melbourne contre les outsiders Mischa Zverev et Denis Istomin : vous nous ennuyez avec votre jeu gagne-petit. Et le pire, c’est que ça ne vous réussit plus en cette belle saison 2017. A l’attaque !

Un Benoît Paire toujours aussi sympa

Pendant longtemps, jusqu’en 2009, le Prix Citron “récompensait” le joueur ou la joueuse de tennis jugé le plus désagréable pendant le tournoi de Roland Garros. Les si charmants Maria Sharapova (2005), Lleyton Hewitt (2002) ou encore Marcelo Rios (1996 à 1999, puis 2001) ont ainsi été pointés du doigt par la presse… Si ce prix venait à renaître de ses cendres, Benoît Paire aurait toutes ses chances. Agressif voire insultant avec le public ou les arbitres, brutal dans ses déclarations, nerveux en conférence de presse, le Français multiplie les maladresses. Comme lorsqu’il annonce, à deux semaines des Jeux Olympiques de Rio : « Les JO ? Ce n’est pas un objectif pour moi. J’y vais, mais je ne peux pas dire que c’est un objectif ».

Certes, avant de tenir ces propos désobligeants, le Français sortait frustré d’une vilaine défaite à Toronto. Bien sûr, on devine qu’il est avant tout un joueur sensible et peu maître de ses émotions… D’accord, ces saillies secouent un circuit ATP habitué aux déclas lénifiantes et lisses de Djokovic. Mais rien ne saurait les justifier. Alors, Benoît, s’il te plaît, retrouve du plaisir sur un court, souris un peu… Et fais nous rêver avec tes patates de revers en fond de court.

Des soeurs Williams qui prennent Santoro comme coach

Nées en 1981 et 1980, Serena et Venus Williams ne rajeunissent pas. Plus proche de la fin que de leurs débuts -comme on dit-, les deux Américaines gagneraient à jouer davantage “vers l’avant” pour économiser leur physique. Et éviter de s’embourber dans de longs échanges éreintants. Mais pour amorcer ce tournant tactique, ces cogneuses vont devoir travailler leur toucher de balle… Et les soeurs ont du pain sur la planche, comme on peut le voir dans cette vidéo de 2015.

Relax lors cette exhibition, l’aînée des Williams nous gratifie d’une faute de coup droit… digne d’un 30/4 au lendemain d’une soirée arrosée. Atroce. Ce qui ne les empêche pas, à force de grands coups de mines subtiles de fond de court, de se retrouver en finale à Melbourne. Mais d’ici Roland Garros -que Venus n’a jamais gagné et où Serena galère depuis 2015-, il faudra travailler le jeu de jambes et la régularité… Allez, Fabrice Santoro, apprend leur à glisser des slices onctueux de coup droit et des lobs soyeux à deux mains. Il n’est jamais trop tard.

Une Mladenovic toujours plus modeste et humble

Coutumière des “ce match était à ma portée” après une défaite logique, Kristina Mladenovic a bien amusé la planète balle jaune pendant les JO de Rio. Et largement crispé la Fédération française de tennis. A peine éliminée au 1er tour du double avec Caroline Garcia, la Française reprocha à la FFT de ne pas avoir été prévenues qu’elles devaient porter des tenues de la même couleur. Et Mladenovic -qui prêta une de ses robes à Garcia- vit dans cet épisode vestimentaire les raisons de son échec sportif…

« Merci à notre FFT si incompétente pour nous avoir gâché ce moment de sport si important dans nos carrières respectives, Caroline Garcia et moi ! Je n’aurais pas eu une tenue de plus dans mon sac, on se serait fait disqualifier des jeux olympiques ! […] Ce scénario hors court nous a coûté beaucoup d’énergie et malheureusement notre tennis n’a pas été à la hauteur et nous n’avons pas réussi à faire basculer le match. » Bouhouhou, Kristina. Et la faim dans le monde ? Tough life. Thug life.

Un Nick Kyrgios qui se la joue gentleman des courts

Cela fait un moment, déjà, que Nick Kyrgios n’a pas pété un bon gros boulon sur le circuit ATP. Pour être honnête, ça manquait à l’auteur de ces lignes. Il y a quelques mois, d’ailleurs, nous avions disserté sur la manière dont l’Australien allait se relancer après sa suspension après ses propos insultants contre Stan Wawrinka. Mais vu sa tendance nouvelle à maîtriser ses nerfs, il est peut-être temps d’imaginer pour Kyrgios une saison 2017 brillante…voire proprette.

Ce que ça donnerait ? ”Wimbledon 2017, Nick Kyrgios est en demi-finale du tournoi du Grand Chelem londonien. Impeccable dans sa belle tenue blanche, arborant un sourire de gendre idéal, l’Australien entre sur le central anglais. Stressé. Concentré. Nerveux. Dans un anglais châtié, il converse poliment avec l’arbitre et croise le regard d’un Roger Federer détendu… Mais l’espace d’un instant, l’ex bad boy repense, soucieux, à cet enfant handicapé croisé quelques heures plus tôt lors d’une opération caritative… Cette rencontre lui permet de relativiser l’importance de sa demi-finale de Majeur. Et d’en profiter pleinement, tel un gentleman des courts”. Cet empilement de guimauve vous donne envie de vomir, à vous aussi ?

Un Milos Raonic enfin charismatique grâce à Mansour Bahrami

Ah, Milos Raonic… Son service robotique, son allure pataude de General Grievous des courts, ses 155 aces par set, son sourire aussi rare qu’une averse dans le Sahara… Certes, cette formule indigeste lui a permis d’atteindre la troisième place mondiale. Et même de disputer, en 2016, une finale à Wimbledon, ensuite perdue en trois sets serrés contre un impeccable Andy Murray. Mais pour passer un cap -donc gagner un premier Majeur-, le Canadien va devoir progresser.

Flickr Creative Commons - agkgd

Milos Raonic, tout en fluidité – Flickr CC – agkgd

Mieux servir ? Impossible tant son engagement est brutal et varié. Améliorer sa volée ? Compliqué à l’heure des surfaces lentes et intermédiaires. Progresser physiquement ? Déjà fait pour ce grand gabarit de quasi 100 kilos et 1m96. Non, ce qui manque au joueur d’origine monténégrine, c’est un supplément d’âme… Voire une vraie cote de popularité, lui qui ne peut jamais compter sur le public pour se sublimer.

D’où cette suggestion : et si Raonic recrutait Mansour Bahrami ? Farceur en diable, le Franco-Iranien ferait le spectacle en tribunes pour maintenir le public en éveil pendant les jeux de services de son joueur. Simagrées, grimaces et sourires de Persian Lover grisonnant trancheraient de façon habile avec la froideur lénifiante de Raonic. Et entre deux pitreries, le bombardier canadien profiterait de la déconcentration de son adversaire pour lui balancer quatre aces par jeu de service. Résultat, après trois années de collaboration aussi volcanique qu’improbable ? Huit Grand Chelem, dont trois victoires à Wimbledon, trois à l’US Open et deux à Roland Garros qui, entretemps, se serait doté d’un toit.

Les loges de Roland Garros, ce public chaud et passionné

Chauvin, frondeur, froid et de mauvaise foi. Voici quelques adjectifs qui dépeignent parfaitement l’ambiance de Roland Garros… Mon point de vue peut sembler dur. Mais le public parisien a tendance à être réactionnaire. Pour preuve, Wawrinka hué contre Gilles Simon en 2015 avant d’être acclamé en finale -car outsider- contre Djokovic.

Toutefois, ce qui m’énerve le plus à Roland, ce sont ces foutues loges quasi vides chaque année. Et quand elles se remplissent, elles le font en cours de match, bruyamment, lentement, péniblement… Et on a même déjà vu des grands matchs -comme des quarts ou des demi-finales- programmés à quinze heures pour que ces VIP puissent finir de digérer leur Paris-Brest avant de s’affaler au soleil. Quitte à ce que la dernière rencontre de la journée doive se finir le lendemain. Limitant d’autant la récupération des stars du circuit…

La finale dames en 2012 à Roland Garros - Flickr CC - Mathieu Lebreton

La finale dames en 2012 à Roland Garros – Flickr CC – Mathieu Lebreton

Alors, comment faire pour dynamiser tout ce petit monde ? Assistons chaque VIP grâce à un chaperon biberonné à la mamelle de la We Are Tennis Fan Academy dont ma collègue Nassima Ouaïl avait si bien dépeint le mode de fonctionnement. Et avec un peu de chance, vous verrez Arnaud Lagardère vociférer devant les mines de coup droit de Jo-Wilfried Tsonga, déchaîné en finale contre Novak Djokovic. 34 ans après la victoire légendaire de Yannick Noah. Voici LA réforme à promettre pour toute liste qui veut VRAIMENT remporter la présidence de la FFT.

Une Radwanska tellement sympa sur les courts

On le sait tous, le tennis est un sport de gentle(wo)man. Federer, Djokovic, Nadal, Wawrinka ou Murray ne sont jamais les derniers à donner des leçons de droiture aux petits jeunes qui débarquent sur le circuit… Étonnant donc que Serena Williams n’ait pas “repris” Agnieszka Radwanska après sa démonstration de mesquinerie à l’encontre d’Ana Konjuh lors de Wimbledon 2016. Ce jour-là, la troisième mondiale, confrontée à deux balles de match, ne dût son salut qu’à une entorse à la cheville de sa jeune adversaire de 18 ans à 7-7 au troisième set… Sans un regard, Radwanska se mit à multiplier les amortis fourbes, ce qui peut se comprendre sur un plan tactique.

Mais en dépit des chaudes larmes de sa jeune adversaire de 18 ans, la Polonaise n’eut pas un geste de compassion, se contentant d’une poignée de main distante.

Critiquée sur les réseaux sociaux, elle se fendit alors d’un tweet laconique envoyé à… 2h24 du matin. Un geste plein d’humanité. Pas le premier pour ce monstre de convivialité, déjà auteur d’une poignée de mains visage tourné envers Sabine Lisicki après sa défaite en demi-finales de Wimbledon 2013. Dommage car avec son jeu en variations, en amorties et en slices -cela change des frappeuses stéréotypées-, Radwanska pourrait être la coqueluche du circuit.

LE BONUS (sans paquet)

Maintenant que Federer et Nadal vont se retrouver en finale de l’Open d’Australie, le circuit prend des allures vintage en ce début 2017. Après avoir vaincu au mental le Suisse à Melbourne, le Majorquin double à Roland où il le massacre en finale d’un cruel 7-6 7-5 6-0. En larmes lors de la cérémonie, Federer se relève. Et aligne, tel un phénix orgueilleux, un formidable doublé Wimbledon / US Open… Tandis que Nadal, les genoux en capilotade, joue plus court que jamais sur une surface newyorkaise nettement accélérée.

Les deux se retrouvent en finale du Masters, éreintés après deux duels homériques contre Murray et Djokovic. Mais animés par la volonté d’en découdre une dernière fois. Si Federer l’emporte au tie break du troisième set 18-16 après avoir sauvé trois balles de match, c’est surtout le momentum de ce match qui marque les esprits… (OUI OK PAS MOYEN QUE NADAL LE CROCO ESPAGNOL FLINGUE PAPY FEDERER UNE DERNIERE FOIS C’EST MORT). Tant il a des allures de chant du cygne pour ces deux vieux adversaires au soir de leur carrière. Qui, épuisés mais heureux, finissent par tomber dans les bras de l’autre autour du filet… Snif.