728 x 90

Mary Pierce et Roland-Garros, quinze ans après

Cette année, Mary Pierce fête les quinze ans de sa victoire à Roland-Garros. Dans une rare interview diffusée dans l’émission « Open Court » de notre partenaire CNN International, elle s’exprime sur sa carrière, sa victoire…et sa passion pour le tournoi français.

L’interview est retranscrite en français sous la vidéo.

Si la vidéo ne se lance pas, cliquez sur ce lien.

Son amour pour Roland Garros

J’ai grandi en regardant Roland Garros à la télé avec mon père et il disait : “C’est un tournoi qu’il faut vouloir gagner. C’est le plus dur. Il faut être fort physiquement et mentalement.” C’est donc devenu mon rêve de remporter ce tournoi. Mon père croyait en moi et a travaillé très dur avec moi.

C’était normal pour moi de passer huit heures par jour sur un court de tennis. Mon père m’a retirée de l’école quand j’avais 13 ans et j’ai continué mes études en prenant des cours particuliers. Je n’avais vraiment plus le temps d’aller à l’école pendant les heures qui me restaient.

Nous avons même transformé des parkings en courts de tennis. On allait sur cet immense parking de Kmart. Il n’y avait pas de voitures mais il y avait des lumières, des lignes et on en faisait notre court de tennis.  

Son arrivée en France à l’âge de 13 ans

Apprendre la langue a été très difficile mais il m’a fallu environ 10 mois pour cela et j’y ai vécu la moitié de ma vie, donc je me sens aussi vraiment chez moi en France. Une partie de moi aimerait n’avoir qu’un seul chez-moi. J’aurais aimé que ce soit simple, y avoir vécu toute ma vie et y être née. Mais ce n’est pas le cas et il m’arrive d’envier les gens qui sont dans cette situation. Malgré tout, je trouve ça vraiment  génial d’avoir plusieurs cultures et plusieurs endroits où je me sens chez moi.

Son premier Roland Garros

J’adore le public français, si passionnée. Quand on réussit, ils le prennent presque personnellement et ils se disent : « Ouais, on gagne ! ». Et quand on perd, ils sont vraiment déçus.

Quand j’étais plus jeune et pas aussi mûre, je le prenais vraiment plus pour moi et ça me blessait beaucoup, lorsque parfois, ils n’étaient pas satisfaits de mes résultats ou lorsque je perdais. Je le prenais comme une attaque personnelle mais j’ai compris en grandissant qu’ils m’aimaient et qu’ils aimaient tellement que je gagne que c’était très important pour eux. J’ai commencé à voir tout cela sous un jour complètement nouveau.

Sur sa finale de Roland Garros le 10 juin 2000 lorsqu’elle a affronté Conchita Martinez

En 2000, le tournoi a été très particulier, pour moi. La compétition a été très rude, avec la pression, le stress et les attentes vis-à-vis de moi, les médias, les fans, ma famille. C’était comme si j’avais porté un poids énorme sur mes épaules à chaque match que je jouais.

Tout ce dont je me souviens, c’est évidemment d’entendre les scores. C’était la balle de match donc pas mal de choses me passaient par la tête. Je me disais notamment que c’était juste un point comme les autres, qu’on était à 30 partout ou à 1 partout, et qu’il fallait juste marquer un autre point, qu’il fallait respirer.

Je me souviens qu’au moment où j’ai gagné, c’était presque surréaliste parce que j’ai ressenti tellement d’émotions en même temps… Mon corps était presque incapable de le supporter. C’était comme un soupir de soulagement et je n’arrivais pas à croire que j’avais enfin réussi à le faire.

Aujourd’hui, coach de tennis, elle revient à Roland-Garros chaque année

Je me suis blessée au genou en 2006. C’était mon dernier match et j’ai essayé de revenir. J’ai fait tout ce que j’ai pu, j’ai fait de la rééducation, suis allée dans plusieurs pays, j’ai rencontré différentes personnes et pour certaines raisons, cela n’a jamais marché et je n’ai jamais pu rejouer.

Je pense que chaque chose arrive pour une bonne raison et que tout est pour le mieux comme ça. J’ai eu une carrière magnifique et je suis très reconnaissante pour ce que j’ai accompli car cela a dépassé de loin tout ce que j’avais imaginé. Je me suis tellement amusée…

C’est vraiment une sensation particulière, pour moi, de me dire qu’aujourd’hui, je suis toujours la dernière parmi les Français, hommes ou femmes, à avoir remporté Roland-Garros.