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Aux JO, les pires éliminations de têtes de série

Comme Djokovic, depuis que le tennis a réintégré les Jeux Olympiques, de nombreuses têtes de série masculines ont été contraintes de faire leur valise après seulement quelques coups de raquette.

Des pleurs. Un « Golden Slam » qui s’envole. Novak Djokovic aura connu des plus beaux étés. Mais après son échec à Rio, le Serbe peut se consoler en se disant que d’autres têtes de série masculines ont failli. Après Mahut et Herbert et les Murray Brothers, ces Jeux ont le chic pour défaire les champions. Pourtant, l’air brésilien n’y est pour rien car ces chutes prématurées ne datent pas d’hier.

Echec et mat pour Pat Cash

Article têtes de série - Photo Pat Cash

Les légendes Pat Cash et Michael Chang, à l’US Open 2010. Flickr – CC – robbiesaurus

L’homme au bandeau à damiers dans les cheveux était certes en début de carrière. Mais tout de même, dès l’ouverture des Jeux de 1984, cette défaite contre le modeste Paolo Cané faisait tâche. Certes, l’Italien aux boucles sauvages avait un joli revers à une main…mais il était tout de même 412e mondial. Pat Cash, en revanche, était déjà top 10. Après cet échec, il rebondira très vite, comme toujours, à l’US Open de la même année, où il atteindra les demi-finales.

Leconte au tapis

Kim Bong Soo, anciennement soldat de la Corée du Sud, défend en 1988 le pays raquette en main sur les courts à domicile. En 1988, après avoir battu le modeste George Kalovelonis sorti des qualifs, le Sud-Coréen affronte le facétieux Henri Leconte, « Riton » pour les intimes. Dans une partie rocambolesque, Kim Bong Soo s’adjuge la deuxième manche au forceps et s’impose en cinq manches contre le gaucher. Le public local est exalté et ovationne son champion. Une gloire fugace pour KBS : en dehors des JO, il ne sera entré qu’une seule fois dans le tableau d’un Grand Chelem, la même année à Melbourne. Pour Riton, la chute est rude mais prévisible, comme il l’avait dit à la télévision. « Ma femme voulait que je vienne. Guy Drut (l’ex-mari de Brigitte Bonnel, sa femme de l’époque) a quand même été médaille d’or. Pour elle, ce serait bien qu’elle voie que j’ai été médaillé d’or aussi ! », dans des propos rapportés par Le Journal du Tennis. 350 places séparaient Kim Bong Soo et Leconte, 11e mondial, qui vécut une année 1988 compliquée (il sera sifflé à Bercy), mais qui a bien rebondi depuis.

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Henri Leconte, farceur, à l’Open d’Australie 2015. Flickr – CC – Tourism Victoria

Marat face au magicien

Ni barbu ni député, c’est un Marat Safin adolescent mais déjà tête de série numéro 1 mondial qui s’avance au JO de Sydney. En face se dresse son pire cauchemar, un homme qui l’a battu quatre fois en un peu plus d’un an : Fabrice Santoro, le « Magicien ». Le Français met un set à régler sa baguette. Puis enchaîne les volées flottantes, le tout drapé dans une détermination toute santorienne : un regard noir, un jeu de jambes sur hyperfréquence…il varie les effets et la balle lourde de Safin s’étiole et s’autodétruit. Un nouvel échec pour le Russe, qui ne gagnera que deux fois sur ses neuf affrontements contre l’ambidextre. « Il n’y a pas de tristesse, plutôt une forme de soulagement », avait déclaré Santoro à la fin du dernier match de sa carrière. Safin sortira du circuit la même année que son meilleur ennemi. Le Russe fut sûrement soulagé de savoir qu’il n’allait plus le croiser sur le court, sauf pour quelques deniers, mais ne trouvait sans doute plus autant d’inspiration sans « Battling Fab ».

Marat Safin, pensant surement à un moyen de vaincre Fabrice Santoro, août 2008. Flickr - CC - Charlie Cowins

Marat Safin, pensant surement à un moyen de vaincre Fabrice Santoro, août 2008. Flickr – CC – Charlie Cowins