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Les coups d’éclat de Francesca Schiavone

Francesca Schiavone semble vouloir ranger ses raquettes à la fin de la saison. La « leonessa » méritait bien un retour sur une carrière aux multiples rebonds.

Francesca Schiavone (ITA) def. Vesna Dolonts (RUS)
Roland Garros 2011 - mercredi 25 mai - 2ème tour - Court Philippe Chatrier

Francesca Schiavone en 2011 à Roland-Garros – Photo – Yann Caradec (CC Flickr)

« Chi raro viene, vien bene ». Ce qui est rare est bienvenu, cette variante italienne adoucie du « ce qui est rare est cher » pourrait résumer la carrière de la première gagnante italienne de Roland Garros, figure rafraîchissante du circuit féminin depuis 1998.

Première Italienne à toucher terre

17e mondiale en mai 2010, la Milanaise parvient à se frayer un chemin en finale. En face, Samantha Stosur et ses lunettes teintées, déjà tombeuse de Jelena Jankovic, de Justine Hénin, et de Serena Williams, grâce à son coup droit foudroyant. Pourtant, c’est bien la petite Italienne qui, à grand renfort de montées rageuses (14 points sur 15 montées) et de gifles en revers, fait reculer et douter l’Australienne, dont le bras se grippe.
Première italienne à gagner à Paris, elle est aussi la première à triompher sans faire partie des dix premières têtes de série depuis 1933. Foudroyée par son exploit et émue aux larmes, elle embrasse la terre battue, avant de déclarer à la perdante du jour « tu es une super, super personne ». Molto elegante.

Kuznetsova, meilleure ennemie

Souvent placée, rarement gagnante, La lionne Francesca Schiavone n’est pas une habituée des derniers carrés en Grand Chelem. Ayant atteint les quarts de chaque levée, elle bute tout de même souvent sur le premier samedi des quinzaines.

En face, Svetlana Kuznetsova l’emmène dans un troisième set au long cours. 180 minutes marquées par des échanges d’une intensité folle. Les jambes de Francesca n’en peuvent plus. Elle choisit de ne plus courir sur certains points, pour mieux monter sur d’autres. Bien vu : une dernière volée basse…et ses bras s’élèvent avant une chaude accolade avec la vaincue du jour, pour le plus long match féminin dans l’histoire des tournois du Grand Chelem.

2006 et 2009, l’étendard italien

Début 2016, alors qu’elle n’a plus joué sous la bannière italienne depuis 3 ans, la Milanaise est de retour. Dix ans plus tôt, Schiavone inscrivait l’Italie au palmarès de la Fed Cup. Battue par une Justine Hénin diminuée le premier jour, la lionne sert un cocktail varié d’amorties et fait merveille avec son jeu de jambes contre Flipkens, mangée 6-1, 6-3.

Trois ans plus tard, les Italiennes, sur leurs terres, vont régner à nouveau sur le monde, avec un 4-0 humiliant contre les Américaines. En maîtrise comme jamais, ses griffes en coup droit font mouche. Elle célèbre son équipe et son capitaine « O capitano », en lui jetant un seau d’eau sur la tête. L’année suivante, elle la remporte à nouveau, contre le même pays, après une année cosi cosi.

2016, la dernière danse ?

Depuis 2011, son classement de fin de saison n’a eu de cesse de chuter, jusqu’à quitter le top 100 fin 2015 (pour mieux y revenir depuis), et Schiavone semblait accuser le poids des années. La lionne est en quête d’apaisement, comme elle l’exprimait dans l’Equipe en juin dernier : « Pendant quelques temps, je n’étais plus en paix avec moi même (…) je veux retrouver la sérénité que j’avais à mes seize, dix-sept, dix-huit ans ».

On la croyait dépassée, démotivée, pourtant, elle était bien là, Porte d’Auteuil. Interrogée par Tennis au féminin, à la question « Twitter ou Facebook ? », elle répondait : « Aucun des deux, je préfère écrire des lettres ». Avec son tennis suranné mais délicieux, c’est bien elle en effet, qui aura donné ses lettres de noblesse au tennis féminin en Italie.