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Le Classic Tennis Tour à Paris, entre volées, petits fours et business

Pour la première fois, le Classic Tennis Tour, qui réunit anciens pros et amateurs, a eu lieu à Paris. Une édition confidentielle et plutôt sélect.

Michael Llodra, un des invités de ce Classic tennis tour de Paris

Crédits : Classic tennis tour – Michael Llodra, un des invités de cette édition parisienne du Classic tennis tour

C’est un ascenseur banal, coincé entre un McDonald’s bondé et des baies vitrées qui surplombent les piscines bariolées de l’Aquaboulevard. Entre l’odeur de steak grillé et les gosses qui s’ébrouent dans l’eau turquoise, la scène ressemble à s’y méprendre à un centre de loisirs classique, un samedi après-midi d’octobre. Sauf qu’un double vainqueur de Grand Chelem et ex-numéro un mondial -Ilie Nastase- joue au tennis au dessus de leurs têtes, sur les courts du Forest Hill situé à l’étage. Les familles présentes ne peuvent sans doute pas l’imaginer.

Kafelnikov, Borg ou encore Leconte au programme annuel

Car ce week-end, le site accueille pour la première fois l’édition parisienne du Classic Tennis Tour, une exhibition lancée en 2011 par Christian Bîmes, l’ancien président déchu de la FFT, via son agence événementielle et de marketing sportif Sports TG. Son principe ? Réunir des anciens professionnels et des amateurs, le temps d’une journée ou deux, dans des sites touristiques de prestige comme Saint-Tropez, Courchevel, Barcelone et Porto Vecchio. Kafelnikov, Safin, Borg, McEnroe, Leconte, Nastase, Bruguera, Navratilova, Chang ou encore Yannick Noah, entre autres, tournent ainsi de date en date…

Un étage au dessus, changement radical d’ambiance. Atmosphère compassée, moquette bordeaux, hôtesses apprêtées, attaché de presse très pro… et people en goguette, notamment PPDA ou les acteurs Philippe Caroit et Francis Perrin. Entre le champagne qui coule à flots, le bon vin, le buffet très varié et les discussions qui fleurent bon le business détendu, l’événement fait plus penser à un after work du 16e qu’à un événement tennis… Et puis, nous révisons notre jugement.

Sur notre droite se trouve la réplique de la Coupe Davis. Le trophée a été conservé suite à la dernière victoire française -en 2001, une éternité- contre l’Australie de Lleyton Hewitt. Et voilà que l’on croise quelques tennismen bien connus, réunis à l’occasion de cette journée d’exhibition. Michaël Llodra, Fabrice Santoro, Mansour Bahrami et l’immense Ilie Nastase. Bien qu’habillée, leur panoplie de tennismen tranche drôlement avec le défilé BCBG qui fait passer ma veste bleue marine pour une recup’ de chez Emmaus…

Un tournoi pour « développer son business »

A peine arrivés, nous enchaînons les interviews, sur fond de matchs amicaux en doubles réunissant professionnels et amateurs. On y retrouve face à face Llodra et Santoro, accompagnés chacun d’un amateur de bon niveau. Très “fit” un an après sa retraite sportive, le gaucher chambre comme jamais. Entre grosses premières, volées soyeuses et sourires de beau gosse, il se met le public dans la poche, comme à ses plus belles heures à Bercy. Quitte à reléguer dans l’ombre le présentateur Arnaud Lemaire, son partenaire d’un jour.

Fabrice Santoro, lui, multiplie les coups en toucher. Il se trouve que le Français cherche à mettre en en valeur son coéquipier, pas mécontent d’être ainsi mis en avant. “Il y a toujours un peu de pression au moment de côtoyer d’anciens champions comme Santoro ou Llodra mais cela reste un sacré plaisir ! Et puis, ce n’est pas ma première fois sur le Classic Tennis Tour… Beaucoup de chefs d’entreprises “tournent” de date en date. Ce tournoi est à la fois un moyen de développer son business, de prendre du plaisir et, comme ici, d’inviter notre meilleure clientèle”, raconte Jordan Bakalian. L’homme d’affaires est directeur général de Mapauto, une multi-concession Jaguar et Range Rover dans le Var. Etonnant d’ailleurs que ce sponsor “secondaire” du Classic Tennis Tour côtoie des géants comme Head. Même si l’on devine que l’aura de Christian Bîmes permet de fédérer des partenaires d’envergures aussi différentes.

Le Classic Tennis Tour, un échange de bons procédés

Plus loin, Michel Corbière, le patron de l’Aquaboulevard et du groupe Forest Hill, se fait une joie d’accueillir entre ses murs cette étape parisienne. L’homme vient d’acquérir 10% des parts de Sports TG afin d’attirer une clientèle davantage huppée entre ses murs de Balard. Un échange de bons procédés entre lui et Christian Bîmes. L’ancien président de la FFT cherchait activement un site de qualité pour son édition parisienne du Classic Tennis Tour.

Mais assez vite, le tennis reprend ses droits. Ronchon comme souvent, Ilie Nastase finit son verre de vin rouge avant de venir traîner ses guêtres sur la moquette verte où l’attendent Llodra, Santoro et le showman Mansour Bahrami, toujours aussi goguenard. Rouillé du haut de ses 70 printemps, le Roumain peine à suivre le rythme en fond de court, imprimé par un Llodra en jambes. “Allez, rattrape la balle, Ilie, t’es en retard”, ose le gaucher parisien. “Tu verras quand tu auras 70 ans”, répond, mi-amusé, mi agacé, le Roumain vainqueur de Roland Garros en 1973. Pour que le public y trouve son compte, les joueurs décident, assez vite, d’amuser la galerie. Amorties improbables, coups “portés”, lobs, contrelobs et feintes clownesques…un vrai arsenal.

Rassasiés par le tennis, c’est l’heure du buffet

Les jambes en coton mais le regard toujours vif, Nastase retrouve de sa superbe. L’ancien numéro un mondial sort quelques coups malins à l’aide de son bras légendaire. Mais après une petite demi-heure, il finit par se rasseoir. Le Roumain semble gentiment résigné par l’usure du temps qui passe. Pendant ce temps, Bahrami fait le pitre -pléonasme- sous les yeux d’un Llodra intouchable sur cette moquette bien fusante et sous le nez d’un Santoro aux jambes “carbo” avec ses quatre heures de jeu depuis le matin… Rassasié par ces jolis rires tennistiques, tout ce petit monde retourne près du buffet. L’objectif ? Reparler de business et boire un dernier verre, avant d’enchaîner avec le dîner de gala. Après tout, Llodra avait bien promis à Santoro “une bonne bouteille” s’il parvenait à le breaker sur cette moquette bien abrasive… Pari gagné !