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On a retrouvé Sergio Casal, premier finaliste à Bercy en 1986

Finaliste en 1986 à Bercy face à Boris Becker, Sergio Casal sortait alors des qualifications. Ce volleyeur espagnol, qui a connu le tournoi à ses balbutiements, est bien placé pour nous parler de l’évolution du circuit.

Sergio Casal au sein de son académie à Barcelone - DR

Sergio Casal au sein de son académie à Barcelone – DR

En 1986, Sergio Casal sortait des qualifications du tournoi de Bercy. Il s’est hissé jusqu’en finale. Un parcours héroïque, qui s’acheva par une défaite contre Boris Becker, mais dont il garde de bons souvenirs. Après la fin de sa carrière, Sergio Casal a crée, avec son ami et partenaire de double (deux titres du Grand Chelem) Emilio Sanchez, une académie de tennis  à Barcelone, en Espagne. Parmi les pensionnaires phares de son centre, Andy Murray y a progressé considérablement de ses quinze ans à sa majorité. A l’occasion de la finale du BNP Paribas Masters 2015, l’ancien joueur espagnol a accepté de nous donner son avis sur l’évolution de son sport.

En 1986, vous avez atteint la finale de l’Open de Paris-Bercy dès votre première participation… en sortant des qualifications. Quels souvenirs vous reviennent ?

A l’époque, les qualifications avaient lieu au Forest Hill de Meudon (Hauts-de-Seine). La surface était la même qu’à Bercy (une sorte de moquette, ndlr) mais l’environnement du club était évidemment très différent. Les deux sites m’ont laissé un grand souvenir. Quand j’ai passé les qualifications, j’étais heureux car j’avais largement chuté au classement ATP en un an. Enfin, j’ai pris confiance et j’ai fait le meilleur tournoi de ma carrière. J’ai battu John McEnroe en quarts de finale, Tim Mayotte en demi-finale pour, finalement, perdre contre Boris Becker en finale. Pour un joueur comme moi, qui a été au mieux 31ème joueur mondial, cette semaine-là était un rêve.

Lors de votre quart de finale, McEnroe a tout tenté pour ruiner votre concentration. Un tel comportement serait-il possible maintenant ?

McEnroe savait utiliser sa personnalité et son charisme pour remporter ses matchs. Très peu de joueurs y parvenaient comme lui… Mais évidemment, il essayait tout le temps de vous sortir de votre match lors des moments importants. Il parlait sans cesse à l’arbitre ou aux officiels et, parfois, de manière grossière. Les arbitres n’étaient pas forcément plus permissifs et les règles des points de pénalité ou du dépassement de temps existaient déjà… D’ailleurs, après ce match, John a pris un mois de suspension !

La surface était-elle rapide en 1986 ? Cette année, Djokovic et Murray ont confirmé que la surface lente leur permet de “bien défendre”.

Globalement, tous les courts étaient plus rapides en 1986. Désormais, les surfaces sont plus lentes, même l’herbe ou l‘indoor. Il ne faut pas se plaindre après que les joueurs jouent tous de la même manière toute l’année… C’est peut-être mieux pour les spectateurs car les échanges sont plus longs, car il y a plus de “combat”… Mais le tennis a perdu de son essence. A mon époque, d’un tournoi à l’autre, les joueurs devaient adapter leur jeu et trouver de nouveaux “réglages” en quelques heures…

Que pensez-vous de l’évolution de l’univers du tennis ? De l’omniprésence des statistiques, des écrans géants, du “hawk-eye” ?

Je suis “à l’ancienne”, donc assez nostalgique du tennis de ma génération. Les joueurs étaient plus proches de la presse, du personnel des tournois et des spectateurs… Mais la technologie a son utilité. J’adore les ralentis permis par toutes ces caméras HD. Vous pouvez voir et revoir le même point sous des angles très différents. D’ailleurs, j’essaie de récupérer des images de mes matchs à Bercy en 1986 mais je n’y parviens pas !

Vous avez connu le Bercy aux sièges rouges, avec cette ambiance très “chaude”, son public parfois chauvin ou nerveux. Désormais, les sièges sont gris foncé et le stade semble désormais plus froid, plus “premium”.

Oh je ne savais pas ! Vous savez, je suis au quotidien au sein de mon académie de tennis à Barcelone et je voyage assez peu. Mais cette disparition des sièges rouges m’attriste… Ils faisaient l’identité du stade, ils participaient à l’ambiance particulière du tournoi ! Par ailleurs, je suis sûr que le stade est bien plus pratique et moderne qu’il y a trente ans.