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La We are Tennis Fan Academy, des supporters qui détonnent

Ecole pour fan de tennis, la We Are Tennis Fan Academy de BNP Paribas donne de la voix pour mettre l’ambiance au BNP Paribas Masters. Immersion parmi ces fans qui font trembler les gradins des matches de tennis. 

La "We are fan academy" devant Bercy ©Nassima Ouaïl

La « We are fan academy » devant Bercy ©Nassima Ouaïl

Samedi, 9h45… Ce matin, les supporters recrutés par la « We are Tennis Fan Academy » étaient déjà là, sur le Boulevard Auguste Blanqui à Paris, pour participer à des ateliers. L’objectif ? Former des « hyper supporters » pour « mettre le feu » au tournoi de Bercy. Après le quart de finale à Londres entre la Grande-Bretagne et la France en juillet et l’Open de Moselle à Metz en septembre, c’est au tour du nouvel AccorHotels Arena d’être envahi par cette armée de fans. Fort de sa personnalité atypique et de son dynamisme, c’est John McEnroe qui a été appelé pour être l’ambassadeur et le capitaine de cette école qui a pour ambition de révolutionner l’esprit du tennis.

Pour décrypter la stratégie de la BNP avec cette opération, nous nous sommes infiltrés parmi les supporters de la WATFA, pour les intimes. Les portes s’ouvrent. Les regards se tournent. Deux sergents appellent les nouveaux de la troisième promo à entrer. Après le croissant et le café, les choses sérieuses débutent. Les fans s’alignent en trois rangs devant nos deux sergents. On se croirait presque à l’armée. Petit problème : le sergent chef est en retard. Fichu périphérique. Quelques minutes plus tard, c’est « The imperial march », la musique de Star Wars, qui retentit dans nos oreilles. Dark Vador apparaît… ah non, presque. C’est le sergent chef qui a essayé de prendre sa posture pour son entrée en grande pompe. « Parmi vous, certains ne tiendront pas et quitteront peut-être l’aventure comme d’autres avant vous… », lance le chef en fixant chaque supporter, « Hier, ils sont arrivés à 9h30 et ils sont repartis à 1h30 avec des cernes. » Une référence aux fans, présents lors du match de la veille entre Rafael Nadal et Stan Wawrinka qui s’est terminé à plus d’une heure du matin. « Oui chef ! » entend-on après des explications.

La WATFA répète les chants pour l'après-midi. ©Nassima Ouaïl

La WATFA répète les chants pour l’après-midi. -Crédits : Nassima Ouaïl

«Pour être recrutés, les gens peuvent nous envoyer des vidéos de 10 à 15 secondes sur notre site, pour nous montrer tout leur potentiel à être super supporter. Pour la première sélection, des entretiens en live ont été fait par John McEnroe. Il fallait le convaincre pour être pris », précise Sebastien Guyader, responsable de la marque et de la publicité corporate pour BNP Paribas. « Lors d’une prochaine académie, on réouvrira la plateforme. On va repartir dès février à la Fed Cup pour France-Italie à Marseille. »

« Impossible n’est pas WATFA »

D’un coup, une fanfare débarque suivie d’une cinquantaine d’autres supporters en dansant. Sûrement des anciens des premières promos. « I gotta tennis », sur l’air de « I gotta feeling » des Black Eyed Peas. « Pa pa pa la la la olééééé », enchainent-ils ensuite. Le ton est donné. Originaire de Montluçon, en Auvergne, Fabrice Muller, 45 ans, s’est levé à 4h du matin pour participer. C’est la première fois que cet artiste-musicien vient à la « We are Tennis Fan Academy » et il est accompagné de toute sa famille. Madame, Nathalie, 44 ans et leurs deux filles. « Laura, la dernière s’est fait porter par Novak Djokovic à Roland Garros. C’est lui qui lui a donné l’envie de faire du tennis. » raconte ce fan, enthousiaste. « Créer ce dispositif, c’est vraiment bien pour l’ambiance. D’habitude, on voit cela que dans le rugby ou le football.»

La famille Muller, venue participer à la WATFA pour la première fois. ©Nassima Ouaïl

La famille Muller, venue participer à la WATFA pour la première fois. Crédits : Nassima Ouaïl

Tee-shirt vert sur les épaules, bandeau dans les cheveux pour certains, grosses mains vertes en mousse, bâtons lumineux… voici la panoplie d’un supporter de la WATFA. Les tenues, accessoires et chorégraphies sont soigneusement discutés plus d’un mois avant le jour J par la BNP Paribas et les organisateurs du tournois. Les supporters, eux, se rendent sur les rassemblements par leur propres moyens et à leurs frais.

Après une matinée passée à avoir répété intensivement des danses, chants et slogans dans une ambiance bon-enfant, le sergent chef lance un message : « Impossible n’est pas WATFA ! J’aimerais que vous appeliez celui qui a laminé hier le numéro un mondial. » Toute la salle éclate de rire. « Pour Guillaume hip hip !!!! » Tonnerre d’applaudissement pour le jeune homme de 23 ans, originaire de Montpellier. Cet étudiant en école de commerce, très grand passionné de tennis, a eu le privilège d’échanger quelques balles avec Novak Djokovic. « Hier c’était vraiment extraordinaire, un rêve d’enfant qui s’est réalisé. J’avais un sourire coincé jusqu’aux oreilles », se rappelle t-il, les étoiles plein les yeux. « A la fin des échanges, on a même dansé la macarena avec Djoko. Un bon moment de complicité… ».

Une dernière danse endiablée et c’est fini pour la formation. Trompettes, trombones, tambours, tout le monde s’active pour le final. « Est-ce que vous êtes chaud ? » lâche le big boss . « Oui chef ! Oui chef ! », rétorquent illico ses élèves. « Alors, restaurez-vous avant de quitter les lieux et d’enflammer Bercy. »

Des petits bonhommes verts embrasent l’arène

Pour sa première participation, vendredi, dans les gradins du tournoi de Bercy, la « We are Tennis Fan Academy » a fait une entrée remarquée à la télévision. « Le public nous regardaient comme des martiens » plaisante l’un des fans. Il faut dire qu’un groupe d’une centaine de petits bonhommes verts ne passaient pas inaperçu. Rejoints l’après-midi par une dizaine d’Anglais déjà présents à Londres, pour les demi-finales, ils étaient prévus pour le double de vendredi. « I like tennis tennis, I like tennis tennis, We like tennis tennis… » chantent les WATFA à un changement de côté du Ferrer – Murray. Le public apprécie, les applaudit et les prend même en photo. Guy Forget, directeur du tournoi leur a même posté une vidéo pour les remercier de mettre autant d’ambiance.

Les fans de la WATFA mettent l'ambiance durant les demi-finales de samedi, accompagnés par le sergent chef. ©Nassima Ouaïl

Les fans de la WATFA mettent l’ambiance durant les demi-finales – Crédits : Nassima Ouaïl

Le chef d’orchestre du groupe n’est autre que le sergent chef qui les a formés. « J’ai toujours rêvé de révolutionner l’ambiance dans les stades. On leur apprend d’avoir un esprit sportif et de ne pas dénigrer un joueur. L’idée est de reprendre les valeurs de l’armée mais de les détourner et que ça deviennent ludiques. » nous confie Laurent Lefebvre, 40 ans, responsable d’une agence d’événementiel, « On doit se coordonner avec la fanfare de façon à pouvoir placer des chants et des encouragements sans gêner les joueurs et créer le spectacle dans l’enceinte. » Ci-dessous, une vidéo réalisée pendant notre immersion parmi les fans.

A 4-3 pour Andy Murray, une ola est lancée. Timide au début, mais poussée par la WATFA, elle prend très vite la mayonnaise. Parmi les habitués et meilleurs supporters, il y a Julien Dautremay, éducateur sportif pour des personnes handicapées. Lunettes bleu, blanc, rouge sur son nez, vuvuzela à la main. Ses accessoires ne le quittent jamais. « J’ai participé à cette initiative pour l’ambiance. Je me suis également fait une bande de potes. J’ai partagé de très bons moments », témoigne ce fan de sport, content que les gens répondent aux animations du groupe. « Le public est beaucoup plus chaleureux et réactif qu’hier. Les matchs sont plus intenses », ajoute Linda Massoz, comédienne, dynamique, qui approuve également « la sympathie et la bonne mentalité » de ses camarades.

Guillaume Semène, Linda Massoz et Julien Dautremay, des supporters habitués de la WATFA. ©Nassima Ouaïl

Guillaume Semène, Linda Massoz et Julien Dautremay, des supporters habitués de la WATFA. ©Nassima Ouaïl

Après la victoire d’Andy Murray face à David Ferrer, place à la deuxième demi-finale entre Novak Djokovic et Stan Wawrinka. L’entrée des joueurs tels des rocks stars se fait dans une ambiance électrique et la WATFA monte en gamme. « Acee boooooooooom », scandent t-ils déjà après un ace du numéro un mondial. Entraîné par l’Academy, le public était plus chaud.

Rassembler des passionnés de tennis assoiffés d’ambiance en leur permettant de vivre une aventure humaine et créer une communauté à travers les réseaux sociaux, BNP Paribas détient là une stratégie de communication qui fonctionne plutôt bien. La plus belle récompense, pour ces fans, c’est sans doute d’avoir reçu des applaudissements d’Andy Murray et de Novak Djokovic, les finalistes de cette édition 2015.

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