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Avec le tennis, l’association « Du Sport et Plus » fait rêver les enfants malades

Durant la journée des enfants du samedi 21 mai, l’association Du Sport et Plus a emmené des enfants malades à Roland-Garros. Une grande découverte pour eux. Invités exceptionnels de la tribune présidentielle du court central, ils oublient grâce au sport la maladie le temps d’une journée.

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« C’est la première fois que je viens à Roland-Garros ! » lance Majdaline, 11 ans, accompagnée de son papa, après avoir enfin franchi la porte L. Si elle a pu venir dans les tribunes présidentielles du court Philippe-Chatrier, c’est grâce à l’association Du Sport et Plus, active depuis fin 2012 et basée à Vanves, en région parisienne. Leur objectif ? « On essaye d’améliorer le quotidien des enfants hospitalisés. L’idée de base c’est de mettre le sport et les sportifs à leur service », explique Eric Friedrich, 50 ans, président et fondateur de cette association dont le tennisman Paul-Henri Mathieu ou encore les pilotes automobiles Margot Laffite et Kévin Estre sont des parrains de choix. La Fédération française de tennis est l’un de leurs nombreux partenaires. « J’aime bien le tennis, je suis un peu mais j’aimerais bien en faire », ajoute timidement la petite Majdaline.

Devant la porte L, Eric Friedrich se charge de récupérer les derniers enfants et leurs parents coincés dans la longue queue. Au total, ils seront onze à assister à cette traditionnelle journée caritative appelée « Les Enfants de Roland-Garros » aux côtés des 24 000 spectateurs. Nicolas, 13 ans, fils du président de l’association Du Sport et Plus s’occupe de conduire les arrivants jusqu’au court central où ils sont attendus. Un peu fatigué à la fin, le jeune garçon n’arrête pas les allers-retours. « Moi aussi j’ai été malade il y a quelques années même si je m’en rappelle plus car j’étais petit, raconte ce fan de tennis, C’est clair que le fait de s’en sortir donne envie d’aider. » Voilà d’où est venue l’idée à son père de créer cette association. « J’ai passé du temps dans différents hôpitaux. On se rend compte que les journées sont très longues quand on est bloqué sur un lit d’hôpital et les distractions ne sont pas forcément très nombreuses, souligne Eric Friedrich, aussi professeur d’éducation physique et sportive dans un lycée à Issy-les-Moulineaux, Parfois avec des moyens peu importants, on peut facilement faire des actions concrètes et améliorer le quotidien de ces enfants qui passent beaucoup de temps dans les services pédiatriques.»

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Une dédicace de Djokovic

Ambiance festive ce samedi après-midi-là sur le court Philippe-Chatrier. Il y avait des enfants, beaucoup d’enfants. « Popopopopopo olééé » résonnent dans les tribunes après la victoire de Richard Gasquet face à Feliciano Lopez lors d’un match d’exhibition. « J’espère faire un bon tournoi, faire mon maximum », commente le Français, 12e mondial, avant d’aller signer plein d’autographes. Certains enfants de l’association Du Sport et Plus sont descendus pour faire signer leurs balles, casquettes ou invitations. « Au début les enfants étaient impressionnés, ils n’osent pas trop mais ils ont vite pris leurs repères. Ils applaudissent, ils se lèvent. Parfois on a même besoin de leur dire de rester à leur place », plaisante Eric Friedrich. Depuis les tribunes présidentielles, ils ont pu assister au show où les Twins ont fait danser Jo-Wilfried Tsonga. Puis place au « défi des capitaines », animé par Michaël Llodra, jeune retraité du tennis et Philippe Candeloro, ancien patineur artistique, accompagnés de différents champions qui iront cet été aux Jeux olympiques de Rio.

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Après quelques stars de tennis qui se sont succédées, c’est Novak Djokovic qui s’est fait remarquer avec sa fausse moustache et son béret. Il ne manquait plus que la baguette de pain. Le numéro un mondial a mis le feu avec ses blagues. Au plus grand bonheur des enfants : « L’après-midi était cool, c’était sympa quand Djoko est arrivé ! », lâche Nicolas, les yeux brillants. Le petit chanceux, qui fait du tennis depuis 5 ans, a même réussi à avoir une dédicace du grand champion. « On a eu la chance d’avoir Henri Leconte qui est passé, a signé des autographes aux enfants et on a pris une photo de groupe avec lui, raconte Eric Friedrich à propos de l’ancien tennisman français, parrain de l’association SOS Autisme, Il a déjà partagé des informations sur nous, sur les réseaux sociaux. C’est une cause à laquelle il est sensible. » Jean Gachassin, président de la Fédération française de tennis est venu également prendre quelques photos avec les enfants. Même si la FFT soutenait depuis longtemps l’association Du Sport Et Plus, lors du tournoi de Bercy, en novembre dernier, elle a pu signer son partenariat officiel avec Jean Gachassin. L’association espère grandir de plus en plus et soutenir davantage de services pédiatriques. Actuellement, elle en aide déjà huit : Clamart, Paris, Chartres, Marseille, Nevers, Dreux, Dijon ou encore Argenteuil.

« Parfois, la maladie ça a des avantages »

« Mon diabétologue m’a proposé deux places pour Roland-Garros, j’ai dit oui tout de suite !, s’enthousiasme Chloé, 15 ans, lycéenne en arts appliqués. C’est une découverte, j’aurai jamais eu l’occasion de venir ici de moi-même. » La jeune femme, qui souhaite faire plus tard de la scénographie, a adoré l’ambiance du court Philippe-Chatrier. « À voir en vrai c’est beaucoup plus dynamique qu’à la télévision. Mais c’est un peu inaccessible. C’est quand même pour une élite. Le fait que l’association Du Sport et Plus m’ait invitée, ça me fait vraiment plaisir, sourit Chloé, qui habite Nanterre, C’est sûr que j’aimerais bien y revenir dans quelques années ! » Au tour de sa maman de lui lancer en riant : « La prochaine, à la finale ! ». Au soleil, tout près de la terre battue ocre, elle apprécie la beauté du court central. « C’est royal ! Parfois, la maladie ça a des avantages, s’amuse la mère de la jeune femme, entourée d’enfants passionnés de tennis dans la tribune présidentielle. C’est une véritable opportunité de venir ici car les prix sont trop chers. »

Eric Friedrich, 50 ans, président et fondateur de "Du Sport et Plus"

Eric Friedrich, 50 ans, président et fondateur de « Du Sport et Plus »

Comme Chloé, sur les onze enfants, ils sont dix à ne jamais être venus dans le stade de Roland-Garros. Une opportunité et une grande première. « On leur offre une parenthèse dans un quotidien plus ou moins difficile et dans un endroit idyllique où l’on voit des champions de près, remarque Eric Friedrich, J’aime toujours le moment où les enfants entrent dans les tribunes présidentielles. On se retrouve dans une zone privilégiée, les yeux brillent un peu. Quand les joueurs s’approchent et que l’on entend leur nom dans les haut-parleurs, tout le monde se lève, tout le monde applaudit. » La plupart des enfants amenés par l’association ont des maladies lourdes mais la période difficile reste souvent derrière eux. Pour venir, ils doivent être aptes à se déplacer et sortir. À Roland, il ne faut pas l’oublier, on se fait bousculer très souvent. « Pendant ces quelques heures-là on ne parle pas de maladie. On parle plus de sport, de fête ou de joie », sourit le président de Sport Et Plus. En plus d’inviter des enfants sur des événements sportifs comme Roland-Garros, Bercy, des courses de Porsche voire des matchs de rugby, son association organise des animations et des rencontres de sportifs avec les enfants mais donne aussi du matériel à des services pédiatriques : télévisions, lecteurs DVD, tablettes, consoles de jeu. Ce samedi, les dernières animations se finissent sur le Philippe-Chatrier. Les enfants et leurs parents sont invités à prendre un goûter. Des mugs siglés « Roland-Garros » leur seront remis en guise de souvenir.