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Coupe Rogers : de l’art de sécher un court en dur

Alors que la chaleur a perturbé l’US Open, il est possible que la pluie s’invite à Flushing d’ici la fin du tournoi. Sur dur, les bâches sont rarement de la partie. A la Coupe Rogers, où la surface est similaire, nous avons tenté de comprendre comment s’effectuait le séchage des courts.

Copyright Tennis Canada

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A Montreal, pendant la Coupe Rogers, la pluie a joué cette année les trouble-fêtes pour le plus grand malheur des spectateurs et du staff du tournoi. Présents sur le site pendant la compétition, nous avons tenté de comprendre sur place comment les équipes du tournoi travaillaient au séchage des courts et de quelle façon d’autres tournois, comme l’US Open, tentaient d’innover dans ce domaine.

Les ramasseurs en ordre de bataille

Aux premières gouttes, ils savent qu’ils seront les premiers sur le front. Les ramasseurs, une fois l’interruption de jeu décidée, sont dispersés sur les courts par ordre de priorité. Armés de balais-raclette, ils évacuent le surplus d’eau sur les côtés du court. Il s’agit là de la première étape qui est en règle générale assez courte : environ huit minutes si une nouvelle ondée n’apparaît pas entre temps.

Faites entrer les souffleurs

C’est ensuite au tour des souffleurs de faire leur apparition. Ces cubes expulsent un air chaud à plus de 1400 m3/h. Alimentés par un moteur à essence, ils ont une autonomie de 20 à 45 minutes. Après cela, il faut refaire le plein. Logiquement, plus le court est ensoleillé ou balayé par le vent, plus cette étape sera rapide. Dans le cas de court bicolores, comme c’est le cas à l’US Open, les souffleuses devront se concentrer sur le vert, qui sèche moins vite que le bleu.

Les derniers détails

Vu d’en haut, le travail semblerait presque parachevé. Ce serait oublier les détails qui font qu’une cheville se tord ou non sur les lignes blanches encore humides du court. Les souffleuses rentrent au garage et quelques membres de l’équipe de séchage reviennent sur le court, armés de pistolet à chaleur. La surface en Decoturf de la coupe Rogers, quasiment similaire à celle de l’US Open, peut voir de l’eau s’infiltrer. Le pistolet à chaleur faire remonter l’humidité, et après quelques secondes, il n’y paraît plus rien.

Le ballet final des ramasseurs peut s’exécuter. Serviettes éponge au pied, ils viennent piétiner les lignes pour s’assurer que celles-ci ne soient pas glissantes. Après validation de l’officiel, le match peut enfin reprendre…enfin, si le ciel le veut bien.

L’intégration d’une équipe de séchage

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« A la Coupe Rogers, il n’y a pas d’équipe séchage à proprement parler, c’est l’équipe des opérations », précise Audrey Paquette, coordonnatrice aux opérations pour la Coupe Rogers, à Montréal. En plus du séchage du court, ces agents sont responsables de l’aménagement et de l’entretien de ces mêmes courts, des salles de presse, et bien d’autres choses. « La formation pour apprendre à sécher se fait après avoir arrosé le court. Ils doivent prouver leur efficacité, pour être à même de réagir même dans des conditions difficiles, ajoute t-elle. De plus ils peuvent être très souvent sollicités. » Parfois, le déluge tombe même au pire moment pour les équipes des tournois. A la Coupe Rogers, c’est arrivé en 2010 : cette année là, il y eut tellement de pluie que les demies-finales et les finales du tournoi ont eu lieu le lundi.

S’inspirer des patinoires pour sécher les courts

En 2015, les innovations pour le séchage des courts ne sont pas encore légions. « L’US Open mise depuis quelques années sur des voitures balais, qui font penser aux Zamboni utilisées dans les patinoires » précise Audrey Paquette. Des machines très efficaces, mais peut-être que l’on pourrait voir plus loin ? Pourquoi pas des drônes sécheurs ? Une question qui a le mérite de faire rire la coordinatrice. « Ce n’est pas d’actualité, à ce que je sache ! »

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