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Pour Stéphane Houdet, les Jeux Paralympiques sont moins bien organisés à Rio qu’à Londres

Numéro 1 mondial de tennis en fauteuil, Stéphane Houdet participe à ses troisièmes Jeux Paralympiques. Nourriture, accessibilité, propreté : il nous donne depuis Rio son ressenti concernant l’organisation de la compétition brésilienne.

Stéphane Houdet, médaillé d'argent à Londres en simple, après sa défaite en finale des Jeux Paralympiques contre Shingo Kunieda - Crédits : franceparalympique via Flickr / photo G. Picout

Stéphane Houdet, médaillé d’argent à Londres en simple, après sa défaite en finale des Jeux Paralympiques contre Shingo Kunieda – Crédits : franceparalympique via Flickr / photo G. Picout

Pendant des semaines, les Jeux Paralympiques ont semblé compromis. Entre la réduction de leur budget au profit des Jeux Olympiques et le non versement des subventions de voyage aux pays pauvres de l’olympisme, les mauvaises nouvelles s’accumulaient à un rythme inquiétant… Ces problèmes d’organisation jouent-ils sur les conditions d’accueil ? Lignes de Fond a posé quelques questions à Stéphane Houdet, actuel n°1 mondial de tennis en fauteuil, vainqueur de trois Grand Chelem en simple et triple médaillé olympique entre les Jeux Paralympiques de Londres et Pékin. Présent à Rio depuis trois jours, il participera au tournoi de tennis en fauteuil. L’occasion de comparer les installations et l’accueil avec Pékin et Londres, qu’il a vécu de près…

Stéphane, on va commencer par une question essentielle : la nourriture est-elle bonne ?

Eh bien, non, c’est très moyen… A Londres et à Pékin, par exemple, la nourriture était à la fois très fraîche et très variée. Ici, à Rio, il faut vraiment trier pour trouver des plats appétissants et idéaux pour le sport de haut niveau. La variété est certes là -indien, chinois, européen- mais la qualité n’est pas vraiment au rendez-vous. Je crois que les fast food du coin vont cartonner…

Qu’en est-il au niveau des installations sportives ?

Les courts sont impeccables, comme on pu le voir pendant les Jeux Olympiques. Reste quelques bévues de “finition”. Sur le court central, par exemple, le logo paralympique a été peint avec un pochoir mais il y a des bavures, comme si le peintre avait travaillé dans la précipitation. Et à l’extérieur, le logo des Jeux Olympiques a été simplement masqué par des autocollants noirs.
Mais le plus pénible, ça reste l’absence d’une station de réparation des fauteuils roulants au sein du complexe de tennis ! En cas de pneu dégonflé, il faut retourner au village olympique (devenu paralympique, NDLR) 
 situé à dix minutes de bus. Ce n’est pas bien long mais comme les créneaux d’entraînement durent 45 minutes, ta séance est à oublier si tu as un souci avec un fauteuil ! Michaël (NDLR : Jeremiasz, autre international français de tennis fauteuil et porte-drapeau de la délégation tricolore) a rencontré ce problème. Avec l’équipe de France, on a donc décidé de ramener notre propre pompe près du court.

Bénéficiez-vous de ce qu’il faut en terme d’accessibilité et de confort ?

Le village est bien conçu même s’il y a des bévues. Par exemple, certaines rampes pour fauteuils roulants débouchent sur… un escalier. Cela nous contraint à faire des détours. Par contre, contrairement à ce qui avait été annoncé, le personnel accompagnant les personnes handicapées ne manque pas, notamment les « chaperons » qui vous guident lors des contrôles anti-dopage. Dans les chambres, par contre, il y a quelques petites surprises. Par exemple, nos potes tennismen italiens ont été privés d’eau chaude. On a pu constater aussi que le ménage est fait de manière très aléatoire.
Enfin, les sportifs ont été alertés par rapport à des risques de vol dans les chambres. Du côté des commodes, par exemple, les tiroirs se ferment à clé, que nous gardons en notre possession quand nous quittons nos chambres. Mais on a constaté une petite filouterie : le double des clés est laissé discrètement au fond du tiroir qui ne ferme pas… Enfin, pas de panique, rien ne nous a été volé pour le moment ! Mais on comprend là à quel point les Jeux de Pékin et de Londres ont été bien organisés…